Pour ma voiture, je change d’assurance assez régulièrement. C’est la seule solution ne pas trop subir les augmentations successives, la fidélité d’une année sur l’autre étant rarement récompensée.
Pour 2025-2026, j’avais choisi l’assurance Léocare. Eh bien… quelle erreur.
Je vais être bref et décrire pourquoi c’est de très loin la pire expérience en matière d’assurance auto que j’ai jamais eu, du début à la fin.
Une quinzaine de jours après la souscription, je me fais repérer par les gendarmes qui me font signe de sortir de l’autoroute. Je m’exécute (car je ne suis pas un petit merdeux qui refuse d’obtempérer).
L’agente me signale que mon véhicule apparaît en rouge sur leur système embarqué de lecture automatisé des plaques d’immatriculation (LAPI), leur signifiant que mon véhicule n’est pas dans le fichier des véhicules assurés (FVA).
Je leur dis que je suis pourtant bien assuré et je montre mon mémo assuré que j’avais imprimé. Je leur précise que j’ai changé d’assureur il n’y a pas très longtemps.
L’agente comprend alors la situation : le nouvel assureur n’a pas fait son boulot. Elle me dit d’engueuler (sic) mon assureur car normalement c’est fait en 2-3 jours. On me laisse repartir.
J’ai contacté Léocare le soir même et ils font le nécessaire dès le lendemain après. Je n’ai plus eu ce problème depuis. Je suppose donc qu’ils avaient « juste oublié » de faire leur boulot.
Remarques :
En septembre 2025, la batterie 12 V de ma voiture arrive en fin de vie. Ce sont des choses qui arrivent et je détaille tout ça dans cet article. J’appelle donc l’assistance 24 h/24, et il est 06 h 30 du matin.
À 07 h, toujours rien.
J’appelle moi-même un dépanneur qui arrive en 20 minutes, démarre ma voiture et me permet de repartir dès 7 h 30 environ. Ce simple démarrage et déplacement me coûtera 170 € tout de même.
À 12 h 30, je reçois un SMS de confirmation de prise en compte de ma demande par Léocare. Sept heures pour répondre à une urgence ? C’est une blague ?
De plus, après ce SMS, je n’ai plus rien entendu de leur part : aucun dépanneur n’est jamais venu, aucun message, aucun appel. Bref, leur assistance n’a servi strictement à rien.
Quand je leur ai envoyé la facture du dépannage, on m’a envoyé balader : le fameux « spanous® ». Là aussi, l’on m’a répondu promptement.
Remarques :
Il m’est arrivé, au printemps 2026, de les contacter pour des demandes spécifiques. Notamment une demande d’assurer un trajet professionnel avec ma voiture perso (vu que mon contrat normal ne couvre pas cela). Leur réponse ? Nope. Pareil pour d’autres questions : Nope.
Nope. Toujours Nope. Que dalle. Ils ne savent rien, ne font rien, ne veulent rien savoir, et rien n’est possible.
La forme des réponses données par le tchat de Léocare me fait penser que c’est une IA qui répond ; pas un humain qui comprend la situation et fait son travail en m’expliquant les raisons de ces refus catégoriques. À défaut, j’aurais accepté une solution alternative, une piste à étudier : le conseil c’est aussi leur travail, non, aux « conseillers » ?
Les assurances temporaires, les dérogations, les avenants, les transferts d’assurance… ce sont des pratiques qui se font dans le milieu. À la place, ils refusent, sans me dire pourquoi. Ce sont leurs méthodes.
Qu’on refuse, c’est une chose que je peux accepter (tout en restant une raison valable pour moi de me barrer de chez eux), mais l’opacité, elle, ne l’est pas. J’estime qu’ils auraient pu dire s’ils ont pour politique de ne jamais faire de dérogation, ou si c’est juste moi le problème.
Bien-sûr, les agents virtuels à la con ne savent pas faire ça, et c’est ça qui ne fait croire qu’il n’y a plus que des bots chez eux.
Remarque :
À la fin de l’année de souscription, juste avant de changer d’assureur, il me faut donc mon relevé d’information.
Bah devinez quoi ? Léocare refuse de le mettre en ligne. C’est une pratique courante : ils donnent tous les documents en PDF (conditions générales, devis, conditions particulières…), sauf le relevé.
Généralement les gens veulent ce document pour changer d’assurance. Ils ne lâchent donc pas le PDF sans s’agiter pour essayer de vous retenir.
Pour avoir le relevé d’information, il faut leur demander via le tchat. Chose que j’ai donc faite.
J’ai insisté au-dessus sur leur réactivité. Ici, curieusement (ou pas), ils mettront deux jours ouvrés pour me le donner. Et encore : je n’ai eu le PDF qu’après leur avoir envoyé un e-mail de réclamation leur sommant de m’envoyer le fichu papier (le tchat m’a répondu 5 minutes après avoir envoyé l’e-mail ; mais c’est sûrement une coïncidence). Les menaces, y a que ça qui marche, c’est fatiguant. Fatiguant et honteux de leur part.
Il faut savoir que chaque jour où ça traîne, ça fait traîner des trucs en cascade derrière pour le client.
On parle de procédures où les dates font foi et où chaque jour est important et décompté.
Ils savent très bien ce qu’ils font : chaque jour de retard pour moi est un jour de gagné pour eux.
Comme si ça ne suffisait pas, lorsque j’ai mandaté un nouvel assureur pour prendre le relais après les 1 an chez Léocare, le nouvel assureur a envoyé un recommandé (électronique) pour informer Léocare que mon contrat sera résilié à l’échéance. Je reçois l’accusé de réception le lendemain. Donc Léocare est réputé informé (le principe de la LRAR).
Une semaine après, Léocare m’envoie un nouvel échéancier de paiement pour l’année à venir, ainsi qu’un appel à cotisation pour 2026-2027. Pardon ?
Après avoir pu tant bien que mal leur arracher une réponse sur leur tchat (après 2 jours à nouveau…), ils me disent qu’ils n’ont « malheureusement pas eu connaissance de [ma] demande de résiliation ».
Quel bordel.
Après une énième discussion (ils ne répondent pas, donc le ticket est fermé — top stratégie client, dites-moi !), ils me disent que je dois attendre la fin de la période d’engagement pour envoyer ma demande.
Ceci est évidemment FAUX. La loi Chatel dispose que la demande de résiliation peut intervenir jusqu’à 2 mois avant, du moment que la date de fin du contrat reste bien la fin de la période d’engagement d’un an (voir là, là, là).
Dans mon cas, la date de fin d’engagement est le 19 juin. Mon nouvel assureur a envoyé le courrier début mai. On est parfaitement dans les délais. Je resterai assuré chez Léocare jusqu’au 19 juin, et dès le 19 juin c’est mon nouvel assureur qui prend le relais.
ÉDIT : j’apprendrais plus tard, après avoir saisi la répression des fraudes (via Signal Conso), que le courrier mentionnait Loi Hamon, pas Loi Chatel, d’où ce refus (le premier est à appliquer après l’échéance, le second avant, pour prise d’effet à l’échéance).
Fait « amusant » : quand il s’agissait de souscrire chez Léocare en 2025, ils avaient très bien envoyé la lettre à mon assureur précédent avant la date d’échéance, en mentionnant « Loi Hamon ».
Pour ça je maintiens : ils savent exactement ce qu’ils font pour faire traîner les procédures et gagner du temps en pinaillant volontairement sur des détails qu’ils savent très bien ignorer quand ça les arrange. C’est comme la souscription : elle se fait en 2 clics, mais pour résilier, c’est la croix et la bannière : LRAR, délais, refus…
Quoi qu’il en soit, mon nouvel assureur leur envoi une nouvelle e-LRAR mentionnant « Loi Chatel ».
(Ajoutons que ce n’est pas ce nouveau courrier qui m’a fait obtenir la résiliation, mais le fait d’être passé par SignalConso (la DGCCRF), où je dénonce ces pratiques ridicules, et où quelqu’un — pas un bot, visiblement — prend note de façon intelligente de ma volonté de résilier et la met en place : bref, il faut passer par le gendarme de la répression des fraudes pour que nos démarches soient prises au sérieux. À nouveau, ce n’est pas normal.)
Désormais, en France, pour tous les contrats à reconduction tacite, l’assureur doit envoyer au moins 2 mois avant un courrier ou un e-mail décrivant notre droit de résilier. Aucun format n’est imposé : cette indication peut être inscrite dans l’appel des cotisations pour l’année à venir, par exemple. Lisez donc bien tout, car ça sera forcément caché. On a alors 20 jours pour y répondre, par exemple en envoyant une LRAR pour résilier à l’échéance.
Là où Léocare sont « malins », c’est que pour une date d’échéance au 19 juin, ils m’ont adressé un document en PDF par e-mail daté du 16 avril. J’ai donc jusqu’au 6 mai pour répondre. Ce « 16 avril » est la date écrite sur le PDF. Le PDF en question, je l’ai reçu… le 15 mai ! Autrement dit, bien après l’expiration des 20 jours.
Vous voyez le truc ?
Par un heureux hasard — vraiment un hasard — j’avais souscrit chez mon nouvel assureur le 6 mai, et ces derniers avaient envoyé la LRAR le 6 mai également. J’étais donc dans les délais. Mais vous trouvez normal que mes droits dépendent du hasard ? Le 6 mai, je n’avais pas encore reçu leur PDF du 16 avril, je rappel.
ÉDIT : toujours après leur réponse suite au signalement via la répression des fraudes, j’apprends que la date en bas du courrier est une date « technique », celle de l’édition du courrier, mais que le délai court à la réception du courrier. Soit.
Sachant que ceci est envoyé par e-mail, j’aimerais bien savoir comment ils font pour savoir si oui ou non je suis dans les délais, sachant qu’ils ne savent pas quand je vais recevoir mon e-mail !
Dans le cas d’un litige, si je gère une demande avec ce courriel, déjà cela prouvera que je l’ai lu, et donc effectivement reçu, mais aussi la seule date dont je peux attester, c’est celle du courrier, le 16 avril. Je n’ai aucune preuve de l’avoir reçue seulement un mois après. Leur explication « le délai cours à partir de la date où vous recevez l’e-mail » est donc du flan : ils savent que je ne pourrais rien prouver du tout.
Oui, je peux fournir les entêtes de l’e-mail reçu — et je l’ai fait via Signal Conso — mais ce n’est pas une preuve, sauf peut-être une preuve de ma bonne foi. Leur défense pourrait très bien dire que j’ai altéré les en-têtes, d’autant que je ne suis pas chez GMail ou Outlook qui pourraient servir des tiers de confiance, mais sur un serveur où je peux à peu près tout modifier. Donc nope : pour moi, la seule date à retenir, c’est celle du courrier, c’est uniquement celle-là qui est prouvable.
Remarques :
Chez Léocare, on te prend le pognon de ton assurance auto pour l’année, mais :
… et on me raconte des salades.
Donc : Léocare, plus jamais.
Je déconseille cette assurance.
C’est clairement la pire expérience que j’ai eue avec n’importe quelle société (sauf avec VendreDVD, peut-être).
C’est à un point suffisamment négatif pour partager l’expérience ici.
Où vais-je aller m’assurer ?
Je pensais aller chez l’assurance « Carapass » proposée par ma banque (BoursoBank, anciennement Boursorama) par le biais de Sogessur (groupe Société Générale), qui propose un tarif plutôt attractif pour mes besoins.
J’initie donc le truc en ligne. Quelques jours après, ils modifient le contrat initial par des avenants à coucher dehors. Notamment :
Soit. Mais les autres assurances ne m’ont jamais fait chier pour exactement le même document (et à vrai dire je n’avais même vu ce détail). Bref, un e-mail à l’assurance de l’époque pour obtenir le RI et je l’ai en 15 minutes et leur transmet.
Vous voyez que les dates sont importantes pour eux, quand ça les arrange ? Vous comprenez maintenant pourquoi moi aussi je les trouve importantes ?
Concernant le « document à la con » qu’ils exigent : ils veulent une attestation que ma voiture possède un mécanisme antivol de niveau SRA4, sans quoi je perds ma couverture vol.
Déjà : WTF ? C’est la première fois que j’entends parler de ça de ma vie. Ensuite, j’apprends que la protection SRA4 est un dispositif de série sur toutes les voitures depuis 30 ans (désormais on est même à SRA7, au moins).
Un document qui atteste de cette protection, c’est donc comme produire une attestation que ma voiture possède bien un moteur et des roues : c’est ubuesque. À qui je demande ça, franchement ? Le SAV de Hyundai France ayant un service client similaire à Léocare, c’est peine perdue d’essayer de leur demander quoi que ce soit. Je connais mieux la voiture qu’eux.
L’opérateur de Sogessur au bout du fil ne comprenait pas non plus cette demande, qui n’est jamais demandé habituellement. Ça ne l’empêche pas de bosser pour la société qui la demande noir sur blanc dans un document contractuel, ni d’annuler cet avenant (problème, donc, qui ne sera jamais résolu).
Je leur envoie un e-mail pour dire que je refuse l’avenant. Cinq jours après, toujours pas de nouvelles.
Excédé, je leur envoie une LRAR en disant que je résilie le contrat (en plus d’un e-mail ; en plus d’avoir essayé de résilier le truc en ligne, mais qui me sort la fameuse « erreur technique, veuillez réessayer », je ne l’invente pas). Les conditions générales stipulent que je peux le faire en cas de désaccord avec une hausse de la prime d’assurance, ce qui est exactement le cas ici. Il s’agit d’un motif légitime. Ajoutons qu’ici, la couverture n’a même pas commencé.
Quinze jours après, la LRAR et mes e-mails ne sont toujours pas pris en compte et je n’ai aucune nouvelle.
À J+16, je reçois un mail disant qu’un document m’attend. Je vais voir dans l’espace client : que dalle. Rien de neuf.
C’est n’importe quoi. L’opérateur au téléphone me dit 24 à 48 h pour prendre en compte les documents. On est à 2 semaines. Je ne veux pas travailler avec des gens comme ça.
Après 3 semaines, je les appelle pour la troisième fois. Lors des autres appels, l’opérateur m’avait dit ne pas avoir accès aux e-mails que j’ai envoyé. Étrangement, cet opérateur-ci a tout sous les yeux.
Je résilie enfin le truc. L’on me dit que je recevrai immédiatement après un e-mail validant la résiliation. Évidemment, je ne reçois rien immédiatement après : j’ai reçu la notif le lendemain — puisque je vous dit qu’ils font tout traîner.
Ah, et début juin, soit bien après tout ça, je reçois un courrier papier de la part de Sogessur où ils disent avoir reçu ma LRAR (c’était il y a un mois, hein). Ils résument mon courrier afin d’y répondre. Ils expliquent le coup de la prime d’assurance de +40 % par le fait qu’un de mes relevés d’information de mes assureurs précédent n’avait pas été pris en compte, car il manquait deux jours dessus. Pour rappel, j’avais reçu un e-mail expliquant le refus du document, mais j’avais alors aussitôt envoyé un RI conforme ; nouvel RI qui n’a jamais été pris en compte par Sogessur, et la prime d’assurance n’a jamais été remis au tarif pour lequel j’ai signé.
Pour moi, donc, leur courrier est inutile : ils ne reconnaissent pas leur erreur pour ne pas l’avoir corrigé, n’ont jamais pris en compte mes documents, ont toujours un délai de réponse qui se chiffre en semaines.
Trois raisons de ne pas rester.
L’on me confirme, enfin, dans ce courrier, que ma résiliation est prise en compte. Ça c’est important, et il faut le conserver.
Gros lol final : ils regrettent de me voir partir.
Heu vous savez… si je rentre dans un restaurant, que je commande un burger à 10 €, que le serveur arrive pour me dire que finalement c’est 14 €, qu’il se casse quand je demande pourquoi, qu’après 2 heures j’attends toujours, faut pas « regretter » que je quitte l’établissement. Ni que je partage cette expérience de merde.
Ici c’est pareil.
Bon, il me faut tout de même une autre assurance. Laquelle ? Bah c’est assez simple : une agence physique. Celle chez qui j’étais il y a quelques années, et de qui j’ai reçu le RI en moins de 15 minutes par e-mail et sans broncher. Celle qui, de mémoire, a toujours été rapide.
Ouais ils sont plus chers, et pas qu’un peu : +20 % environ. Raison d’être parti par le passé.
Mais quitte à payer plus cher, au moins que ça soit justifié par un service client impeccable. J’imagine que c’est le prix des choses.
Cela reste révoltant qu’il faut choisir entre un tarif accessible et un service convenable. Oui, les assureurs en ligne sont bien moins chères, mais je sais maintenant pourquoi. Et tout ça, c’est uniquement pour du bullshit administratif : il n’a jamais été question d’un quelconque sinistre. Je n’ose pas imaginer avoir à faire à Léocare ou Sogessur dans un cas pareil.
Non, je n’ai pas choisi les procédures les plus simples, avec de multiples assureurs à gérer en même temps. Mais si Sogessur n’avait pas augmenté mon tarif par rapport au devis et l’offre de prix, s’ils n’avaient pas mis 3 semaines pour prendre en compte mes documents (et encore, après 3 semaines, je ne sais toujours pas s’ils sont pris en compte), je serais peut-être client chez eux.
L’assurance chez qui j’ai signé a pris en compte les documents en 5 minutes. Je leur ai envoyé, le temps d’aller à l’agence en sortie du travail, ils avaient préparé le dossier, m’avait fait une offre de prix et après lecture, quelques clics, un SMS de validation, tout était signé et validé. Et la LRAR envoyée le soir même. Y a quand-même une sacrée différence, non ?

Avec toutes les fuites de données, que ce soit des entreprises privées, ou des services publics, les scameurs finissent par avoir toutes nos informations : adresse, nom, téléphone, e-mail, date de naissance; mais aussi IBAN, numéro de sécurité sociale, copie de nos passeports, plaque d’immatriculation, numéro de badge de télépéage…
Aussi, il leur devient facile de se faire passer pour la sécurité sociale, par exemple, et nous demander de payer pour obtenir une nouvelle carte Vitale : un e-mail devient beaucoup plus crédible s’il mentionne notre adresse, nom, numéro SS…
Le temps où les scammeurs arrosaient tout le monde en espérant tomber sur quelques personnes concernées est révolu : ils peuvent désormais cibler des spam et être sûr de nous faire douter.
Par exemple, je ne suis pas client chez Groupama Banque. Cela ne m’a pas empêché de recevoir des mails soi-disant de mon conseiller Groupama. Dans ces cas là, le mail est un frauduleux à 100 %. Il n’y a aucune chance que ce soit un e-mail légitime.
Mais si je suis client chez Boursorama, et que je reçois un e-mail de Boursorama, comment être sûr ? Comment savoir si l’e-mail est légitime ou frauduleux ?
Et ces cas là, qui ne sont pas dues au hasard, arrivent de plus en plus.
Il a quelques moyens d’éviter de se faire avoir, et en tout cas de bonnes pratiques pour se protéfer. En voici quelques-unes.
Ne cliquez pas aveuglément sur un lien dans un e-mail.
C’est tout. Ne cliquez pas.
Si vous cliquez, le scammeur sait que vous avez cliqué, même si vous n’avez « que » cliqué.
Un mail peut sembler provenir d’un site en particulier. Par exemple, en ce moment je reçois des spam se faisant passer pour Vinci Autoroute en disant que mon badge télépéage n’est pas passé et que je dois payer un certain montant.
Il se trouve que je dispose bel et bien d’un tel badge. En revanche, je n’ai pas pris le péage depuis des mois : cela met déjà la puce à l’oreille.
Mais il y a moyen d’être complètement sûr : l’expéditeur affiche, certes, Vinci Autoroute, mais l’e-mail caché derrière ne pointe pas au bon endroit.
C’est comme si je fais un lien appelé « Wikipédia » qui pointe en réalité sur Youtube : Wikipédia. C’est tout bête, mais faire attention à ça est généralement suffisant pour savoir si un e-mail est légitime :

Ici, on voit bien le « Vinci » en haut, mais l’e-mail est « admin@infrarent.fi ».
Cela se termine par « .fi », qui correspond à une adresse en Finlande. À aucun moment Vinci, un groupe français, ne va utiliser un site en Finlande pour envoyer ses e-mails. Cela est donc un mail frauduleux. À 100 %.
Qui plus est, j’ai reçu exactement le même e-mail depuis d’autres adresses : romeoheatherly@romeoins.com, noreply@vashiagency.com, etc.
Aucune d’elles correspondant de près ou de loin à Vinci.
Ci-dessus, il est assez clair que l’e-mail ne provient pas de Vinci. Mais parfois c’est plus subtile.
Un e-mail de Vinci finirait par « vinci-autoroutes.com », ou quelque chose lié à leur véritable site.
Les escrocs les plus évolués le savent, et peuvent créer le site « vinci-autoroute.com » par exemple : sans le « s » à autoroutes. Ce n’est pas le site officiel : c’est donc une arnaque.
C’est subtil, mais ça arrive souvent, et il faut faire attention.
D’autres exemples, réels, incluent :
Vous voyez la différence ? La première lettre passe d’un « M » à « RN ». Mais en minuscules, la différence est très subtile.
La différence, c’est le tiret au lieu du point. Pourtant cela change tout : le premier est légitime, le second est une fraude.
Ici, la lettre « o » de notre alphabet a été substitué par le « ο » (omicron) de l’alphabet grec. C’est impossible à voir. Mais le site web associé est bien différent.
Parfois c’est encore plus vieux !
Imaginez un e-mail qui vient d’une adresse pointant émanant du site légitime.
Imaginez que tous les liens pointent vers le site légitime.
Et bah cela peut toujours être une fraude. Déjà, dans un e-mail, je peux mettre l’expéditeur que je veux. Si je veux envoyer un e-mail qui semble venir d’Elon Musk, je peux : c’est à la portée de n’importe qui et un simple clic droit suffit (dans Thunderbird notamment).
Concernant les liens… Il existe des liens de redirection. Ils pointent vers le bon domaine — le vrai domaine légitime — mais ils peuvent rediriger vers un lien piraté, celui de l’expéditeur, du spammeur.
Un lien venu d’Amazon par exemple, commencerait par « https:∕∕amazon.com ». C’est légitime, non ?
Pas toujours : la suite peut être : « https:∕∕amazon.com/?redir=https:∕∕site-pirate.com ».
Bien sûr, histoire d’être plus discret, le lien vers lequel la redirection se fait peut être encodé, ou encore noyé entre un paquet d’autres paramètres d’URL bidons et à rallonges.
Bref, soyez très vigilant.
ET NE CLIQUEZ PAS DANS UN E-MAIL.
Je le redis : dans n’importe quel e-mail, ne cliquez pas.
Si le site invite à vous connecter par le biais d’un bouton, ne cliquez pas.
À la place, ouvrez directement votre application Vinci, ou le vrai site Vinci, puis connectez-vous directement. Sans passer par le lien dans l’e-mail.
Au moins, vous serez sûr d’être sur le bon site.
Ensuite regardez votre compte client : dans mon cas, avec les relances pour le télépéage, j’ai vu immédiatement que Vinci ne me demandait absolument rien et qu’il n’y avait pas de retard de paiement, ni d’incident avec mon badge.
Par conséquent, ces e-mails sont des fraudes.
Cette méthode est infaillible :
Sans cliquer dans l’e-mail.
Cela marche pour Vinci, mais aussi l’ANTS, Ameli Santé, et tout le reste :

J’insiste.
Prenez l’habitude de contourner les e-mails à chaque fois. Parfois les liens dans les e-mails sont très similaires aux adresses légitimes, mais ce sont des fraudes malgré tout.
Donc ne prenez pas de risques : ne cliquez pas.
À la place, allez directement sur le site depuis votre navigateur (ou l’application officielle), mais sans passer par le lien dans l’e-mail. C’est le plus important.

Mais la langue évolue !
Cette phrase est souvent brandie lorsqu’on défend la langue française, et qu’on essaie de respecter son orthographe, et de la faire respecter, et souvent comme une excuse pour s’autoriser des fautes.
La langue évolue, oui, c’est vrai. Mais en quoi cela devrait changer le fait que la respecter soit important ?
Cet argument n’est en rien une excuse pour ékrir nain porte coman. Sinon, autant y aller à fond et tout écrire en fonétik pour sinplifié, ou au contraire en allons-geant lhait phrazes heaut maksimmomme. Pourquoi pas, après tout ?
La langue, écrite ou parlée, est un standard, une norme, comme les autres.
Le monde et la vie courante tels qu’on les connaît aujourd’hui existent grâce aux standards.
Je vous assure :
Par contre, on est systématiquement embêté pour ce qui est du format de la cartouche, qui elle n’est pas standardisée et est inutilement différent selon les marques et modèles des appareils…
D’autres exemples ?
Vous vous souvenez du merdier que c’était lorsque tous les téléphones avaient un chargeur différent ?
C’était mieux avant peut-être ?
Et c’est ça partout : de la taille des vis pour l’industrie, aux diamètres des tuyaux de gaz dans votre maison, en passant par le format A4, la composition du carburant ou la quantité de pesticides au-delà de laquelle les aliments ne peuvent plus être vendus.
Il y a même un standard pour préparer du thé !
Ces normes, bien que contraignantes au début, finissent par nous simplifier la vie sur le moyen terme.
Une norme bien faite n’est pas synonyme d’un excès de bureaucratie inutile.
Le standard A4 (ISO 216) est une norme bien appliquée et bien utile, mais elle n’augmente pas spécialement la bureaucratie, que je sache.
Le fait qu’un standard fixe les règles de base ne les empêche pas d’évoluer. Sinon il n’en apparaîtrait jamais de nouvelles versions.
Du jour au lendemain, il peut apparaître un nouvel usage, ou une nouvelle amélioration d’un produit existante. Celui qui l’invente va alors créer un format d’utilisation qu’il juge approprié. Les autres acteurs qui vont se lancer sur le marché pour le même besoin vont soit produire leur propre format, soit utiliser celui déjà existant chez le concurrent. Le format, s’il est unique partout, bénéficie alors à toutes les parties, y compris le législateur et l’utilisateur final, et finit alors bien souvent en norme.
L’USB a changé en 25 ans : on est passé de l’USB-1, USB-1.1 à l’USB 2.0, puis l’USB-3.0, 3.1, et maintenant on commence à parler de USB-4.0. On retrouve la même chose pour la norme Wifi (ISO/CEI 8802-11) : Wifi A, B, G, N, AC, AX… C’est logique et le fait que ce soient des standards n’empêche en rien leur évolution.
Dire que « la langue évolue » comme une excuse à ne pas en respecter les règles, ça ne tient donc pas : la langue évolue, les règles évoluent, toutes les normes évoluent.
L’académie française n’a pas d’autorité.
Là aussi, c’est un argument parfois entendu. Celui-ci non plus ne tient pas.
En France, les règles de la langue française sont décrites et consignées par l’Académie française. Elle n’a pourtant aucune autorité officielle. Elle n’est là, si l’on veut, que pour consigner les usages et produire des règles qui définissent ce qui doit être compris par tout le monde. En somme, ils normalisent la langue française.
Et comme toutes les normes, elles ne sont pas obligatoires.
Oui, y compris celles de l’ISO.
Vous êtes surpris ?
L’ISO n’a pas d’autorité : ce sont les acteurs (l’industrie, les clients, parfois les états) qui décident de les respecter, parce que ça n’a que des avantages. Mais c’est purement par choix : l’ISO lui-même ne décide pas qui doit appliquer quoi. Ils fournissent un cadre, c’est tout, et les acteurs ensuite s’accordent pour l’utiliser ou non. Certaines standards finissent imposés par la législation, la plupart sont adoptés de facto, mais aussi beaucoup sont oubliés car mal normalisés ou peu pratiques.
Utiliser un cadre normatif fixe, c’est assurer à tout le monde de se comprendre. C’est grâce aux normes qu’un mécanicien peut commander une Vis M5 à tête creuse hexagonale en acier 316L et un pot de peinture Pantone 18-1755 TCX et obtenir exactement ce qu’il attend auprès de ses fournisseurs… et à son tour le vendre au client qui va lui aussi le comprendre.
Mais personne ne leur oblige.
Il n’y a guère que les normes de sécurité, les normes environnementales et les normes destinées à protéger le consommateur final contre les abus des industriels qui finissent imposées par la loi. Et encore : c’est bien la loi qui les impose, pas les organisme certificateurs (ISO, GSTüv, NF…)
Pour le reste, c’est le marché qui finit par les mettre en application.
En fait, un industriel va respecter une norme et demander à ce que ses fournisseurs le fassent aussi juste pour une question d’interopérabilité.
C’est tout.
Ah et puis la plupart des normes ne sont pas créées par l’ISO ou les autres organismes de normalisation, mais par les industriels qui créée un produit ou un cadre pour leur propres besoins. Ce sont ensuite les organismes de normalisation qui font formaliser tout ça noir sur blanc afin de permettre aux autres industriels d’en profiter aussi. Et pas seulement les industriels d’ailleurs. Cela leur assure une interopérabilité avec les produits de tout le monde.
Pour la langue, écrite ou parlée, c’est pareil.
Utiliser les règles d’une langue donnée n’est pas obligatoire. On peut aikrir kom aun vë. Mé sa 2vi1 trait v!t€ h4rd 2 s€ v€rstehen s1 0n fé wh4t€ver w3 w@n7, n33 ?
Utiliser les règles données ça permet deux choses :
Il y a une nuance : en respectant les règles, on est sûr, on peut être sûr, et on a le droit d’être sûr que l’interlocuteur en face va et doit vous comprendre.
Quand on dit que « nul n’est censé ignorer la loi », ça ne signifie pas que tout le monde doit la connaître par cœur. Cela veut juste dire que « je ne savais pas » n’est pas une excuse recevable pour se défendre devant un tribunal.
Pour la langue c’est pareil.
En France, le français fait office de langue officielle : en respectant les règles d’écritures standardisées du français en France, et pour tout acte officiel, un signataire ne peut pas dire « je ne comprends pas », s’il a préalablement déclaré qu’il était dans ses capacités à signer le contrat (incluant donc la capacité à le comprendre).
Ceci est important : lorsque l’on écrit quelque chose, notamment dans les domaines légaux ou techniques, il faut être sûr que l’autre partie ne va pas interpréter le texte à sa sauce. En utilisant des règles fixes, on peut ainsi considérer que l’autre va vous comprendre.
Cela revient à « obliger » l’autre à comprendre ce qui est écrit, tout ce qui est écrit, et rien que ce qui est écrit.
Les mots sont importants, et dans certains domaines l’emploi de certains termes sont même normalisés justement pour pas avoir à se recevoir des plaintes parce que nos procédures sont mal appliquées. Ces normes là, elles sont ici pour nous protéger.
Respecter les règles, c’est à votre avantage : ça vous dégage de votre responsabilité. Oui, c’est chiant, car c’est difficile, mais c’est nécessaire, même si pas « obligatoire ».
Une langue qui évolue, ça implique parfois l’apparition d’un nouveau mot ou une nouvelle expression, d’un nouveau sens à un mot ou une expression existante, ou alors une nouvelle orthographe.
Si un mot est trop difficile, l’usage va en favoriser un autre, ou bien simplifier l’existant. Ça se fait, ça s’est toujours fait.
Mais, il faut faire attention : si l’on invente un nouveau mot, il faut le faire correctement : on ne peut pas commencer à l’employer comme ça : personne ne va vous comprendre. Si vous êtes le seul à le connaître, et que vous l’écrivez partout, comment vous faites pour que les autres personnes en saisissent le sens ou la prononciation ? Sans même parler de l’accepter.
Idéalement, il faudrait créer une nouvelle définition. Par exemple comme ça :
fabradetion [/fa.bʁa.dɛ.sjɔ̃/] : n. f. – 2026.
action de fabrader – « Il pratique la fabradetion à haut niveau ».
(ce mot est inventé avec cet outil et est donné à titre d’exemple).
Là, ce nouveau mot a un sens, une prononciation, et tout le monde sait comment l’utiliser.
Enfin… ça c’est si vous voulez être compris des autres. Parfois, ce n’est pas forcément le cas non plus. Mais rassurez-vous : si suffisamment de gens finissent par utiliser un mot qui apparaît un peu de nulle part, il finira dans le dictionnaire. Soit comme un mot totalement nouveau, soit comme le synonyme d’un mot existant, possiblement attribué à un registre de langage particulier.
Tout ce qui se trouve plus haut constitue une liste de choses plutôt objectives dans les avantages d’observer les règles d’orthographe ou de grammaire d’une langue donnée. Il est objectif de dire que deux personnes qui respectent le même protocole communiqueront de manière plus facile et surtout plus fiable que deux personnes qui choisissent de communiquer dans un langage limité ou approximatif, voire différent.
L’impact sur la société peut évidemment être débattu, mais le point lui-même, non.
Tout ce qui suit est plutôt du domaine subjectif.
J’insiste sur une chose : les règles d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, de syntaxe… bref, toutes les règles qui structurent une langue ne sont pas obligatoires si vous ne voulez pas les respecter. Du moment que toutes les parties s’accordent pour se comprendre autrement, ça ne doit pas vous empêcher de communiquer.
Elles sont seulement pratiques : elles vous assurent d’être compris par les autres, car on écrit rarement uniquement pour soi.
Si l’on apprend les règles de la langue française à l’école en France, c’est très précisément pour nous préparer au monde que l’on doit comprendre, et qui doit nous comprendre.
C’est pour ça que l’on est évalué sur ça à l’école, et que l’on est jugé sur cela lors des entretiens d’embauches par exemple : l’école sert à nous préparer à la vie, et la maîtrise d’une langue commune à nos semblables en fait partie.
Comprendre les autres et se faire comprendre des autres est quelque chose de très important au travail. Si votre CV est plein de fautes, l’on met facilement en question vos capacités à communiquer, et donc à remplir les tâches demandées au poste auquel vous postulez. L’on considérera que vous ne conviendrez pas. À tort je ne sais pas, mais dans un marché tendu, on n’a pas le temps : on regarde ce qu’on a et on passe à la suite. C’est comme ça. Il en est sûrement autrement si le nombre de travailleurs est le facteur limitant, mais ce n’est pas trop le cas.
Et pas seulement au travail : si vous ne parlez qu’avec votre propre langage, comment voulez-vous espérer vous faire comprendre par vos amis et toutes les autres personnes autour de vous ?
Sur ce blog, et ailleurs, je m’efforce d’écrire dans un français correct, c’est-à-dire qui respecte les règles d’écritures de la langue française.
Je fais ça par plaisir, car j’aime les règles, les normes, les syntaxes, ce genre de trucs.
C’est comme un jeu, on peut dire (on s’amuse comme on peut). Je viens d’un univers de maths, de science, de programmation, où les règles de syntaxe sont autrement plus importantes que dans le langage parlé. Dans ces domaines, la position d’une seule virgule ou d’un point-virgule font passer un calcul ou un programme de parfaitement fonctionnel à totalement inutile, parfois avec des conséquences sur toute la société.
C’est la position d’une virgule qui a créé la légende urbaine avec Popeye et les épinards, ou encore plus récemment, sur la présence de microplastiques dans les cuillères de cuisine en plastique noir.
Bien sûr que je vais vous comprendre si vous oublié une conjugaison. Et vous aussi, la preuve dans la phrase précédente. Là n’est pas tellement le souci.
Mais, on va pas mentir : l’être humain juge en permanence, même de façon inconsciente. C’est l’absence de jugement qui est, le plus souvent, quelque chose d’actif qui demande un effort. À noter que le jugement n’est pas spécifiquement négatif, ni suivi de conséquences.
Pour moi, selon les circonstances évidemment, et en première approche, voir un texte négligé, ça me donne juste envie d’en négliger la valeur à mon tour.
Cela demande un effort, premièrement d’essayer de décrypter un texte à l’orthographe au mieux non conventionnel, et deuxièmement d’essayer de ne pas trop juger sur la forme si le fond reste intéressant. Or ces efforts, il faut avoir envie de les fournir.
Comment se motiver à ça, si la personne en face ne fait sa part d’efforts pour nous faciliter les choses ?
Si l’on veut être compris, on fait l’effort pour ça, c’est tout.
L’on n’est plus dans la technique, ni dans les avantages objectifs décrits bien plus haut, aussi chacun aura sa vision sur ça : il n’y en a pas de mauvaises.
Enfin : il y a des fautes d’orthographe qui sont plus embêtantes que d’autres : la plupart n’induisent pas de problèmes de compréhension. Mais d’autres, si. Et quand il s’agit d’un texte important (contrat, loi, document technique…), la moindre faute peut avoir des conséquences très graves, au même titre qu’une erreur numérique dans une norme de sécurité, par exemple.
Image d’en-tête parodiée avec google Gemini
TL;DR : du moins pas celles qu’on croit. Et je parle de bornes, car ce dont on a besoin ce sont surtout des prises.
Avec la traditionnelle et quasi annuelle pénurie d’essence, on voit les gens faire la queue aux stations Total (les moins chères actuellement), bouchant tous les centres villes et s’énervant à attendre plusieurs dizaines de minutes… Bref, faire exactement ce qu’ils pensent — à tort — ce qu’est la vie avec une voiture électrique.
Évidemment, les urluberlus du fossile viennent ensuite te sortir les arguments habituels. Parmi ceux-là, le prix des voitures est et l’accès à une prise, selon moi, sont les seuls qui tiennent. La plupart des autres sont totalement faux (attente, autonomie, problème des batteries, etc.).
Un des arguments, par contre, est mal compris : « il faut des bornes partout, et ça coûte cher ».
Je ne suis pas d’accord avec ça.
Je ne sais pas si je suis un rouleur standard, mais je fais quand-même de tout : je fais 30 000 km par an environ, la plupart des jours des trajets quotidiens (<90 km), mensuellement quelques trajets moyens (entre 300 et 500 km) et quelques fois par an des virées de 2 000 à 5 000 km. Ça me permet de tout voir quand-même : charge à la maison, trajets à une charge de 10 minutes, et trajets avec 3 ou 4 charges rapides dans la journée.
Certes, j’ai une voiture avec une grande autonomie (300 à 600 km selon que je fasse du 130 en plein hiver ou de la campagne en été).
Pour en revenir : oui les bornes sont chères, mais il n’en faut pas partout. Du moins, ce n’est pas nécessaire.
Ce ne sont pas des bornes qu’il faut, mais des prises. Une prise, ça coûte grand max 500 €, installation comprise (sauf quand c’est facturé par une entreprise agrée pour le service public, qui va facturer ça 12 000 €, comme les lampes de bureau à 130 €, mais c’est un autre problème. J’imagine que les propriétaires d’immeubles n’ont pas à passer par ces escrocs).
Bref : les voitures sont typiquement stationnées 90 % du temps, avec personne dedans. Ça signifie environ 22 heures par jour de disponible pour charger.
Que ce soit un parking d’entreprise, un parking d’immeuble, un parking public, ou un garage privé. C’est ça pour la majorité des voitures et la majorité du temps.
Et franchement : si la Poste arrive à rouler 7 heures par jour en Kangoo électrique de 2015 (150 km d’autonomie max) pour distribuer des avis de passage toute la journée, ou si certains chauffeurs de taxis y arrivent en se tapant 80 000 km par an, c’est bien que l’on peut concilier kilométrage et charge sans trop de problèmes.
22 heures, c’est largement assez de temps pour charger ce qu’on consomme durant les deux heures qui restent, pour le M. Michu moyen en tout cas, qui représente environ 90 % du parc automobile (évidemment, je ne parle pas de J.-M. Diésel qui roule 4200 km sans s’arrêter pour pisser).
… en tout cas pour ça, pas besoin de borne ultra-rapide.
… pas même besoin d’une borne standard.
Il suffit d’une simple prise.
Une ligne 32 A, une prise, et c’est tout.
Les parkings sont déjà là.
L’électricité est déjà là aussi pour les lampadaires et les portails électriques. Suffit de tirer quelques lignes et c’est bon. Si on veut, on installe une petite borne avec des badges pour savoir qui consomme quoi et combien on facture. Mais c’est tout : pas besoin de plus.
Ça existe déjà par endroit : des parkings avec plein de petites bornes faible puissance et une station pour payer. C’est ça qu’il faut.
Et si on peut installer quinze bornes de 380 kW sur le parking d’un supermarché ou d’un cinéma, on peut tout aussi bien installer 200 prises de 3 kW. D’un point de vue électrique et de puissance tirée sur le réseau, ça ne sera pas plus contraignant, bien au contraire.
Parce qu’avec 200 prises simples de 3 kW sur un parking public, on résout essentiellement le problème du nombre de points de charge dans une petite ville. Aussi bien en journée que durant la nuit.
Et aussi, on se fiche se savoir si la place est occupée ou non par une voiture qui charge. Laissez-en 30 exclusivement pour les EV en charge, mais le reste, on s’en fout. On les passera en « EV uniquement » lorsque le parc automobile s’électrifie avec le temps et que les besoins changent.
La Norvège ne semble pas avoir de problèmes pour faire tout ça. Pourquoi faut toujours que l’on fasse les mauvais choix en France ?
Les bornes 22 kW ne sont pas inutiles : elles chargent une voiture entre 1 et 3 heures. Ça a ses applications (enfin si ça n’était pas facturé à des prix totalement délirants ou constamment en panne… et surtout s’il y en avait pas juste une seule par ville).
Mais la plupart des charges peuvent se faire sur des bornes très lentes (ie : de simples prises), tranquillement.
Pour ça, il en faut beaucoup. Partout. Vraiment partout.
~
Le problème est le même avec beaucoup de situations.
Personne ne veut d’un TGV unique entre Marseille et Paris. La plupart des gens habitent ailleurs et préféreraient des petites lignes plutôt qu’une seule grosse : un maillage dense mais moins rapide est bien plus pratique qu’un maillage lacunaire mais rapide.
Autre exemple débile, mais qui met bien en évidence ce qu’on veut : ça ne sert à rien d’aller acheter 1 pain de 90 kilos une fois par an : il faut mieux acheter une baguette de 250 g chaque jour. Le pain sera plus frais, ne moisira pas, et 90 kg c’est pas simple à porter sous son bras.
De la même façon, dans le cas présent, une seule borne de 300 kW rend moins service que 100 petites prises.
Bien sûr parfois un TGV, une grosse borne, ou un pain géant peut avoir son utilité (cantine scolaire ou restaurant, pour l’exemple caricatural du pain). Mais ce sont des cas marginaux. Nécessaires, mais marginaux : la plupart des gens ne fonctionnent pas comme ça. Or ici on parle bien de l’électrification de la flotte automobile d’un pays.
On n’atteindra pas 100 % en 5 ans. Mais rien que 40 % ça serait déjà pas mal. Et pour ça il faut lever les freins qui subsistent. Les freins techniques et logistiques, je parle. Car les freins psychologiques, c’est un autre problème.
Reste juste à savoir : on satisfait d’abord la population, ou juste quelques gros acteurs prestigieux ? La question est là.
~
Donc je le dis, essentiellement à toutes les petites communes (et même les entreprises, et les supermarchés) : oubliez les bornes rapides ou semi-rapides (22 kW). Vous rendrez bien plus service et à bien plus de monde en installant plein de petites prises partout. Ça vous coûtera aussi probablement beaucoup moins cher.
Note : cet article a été écrit il y a un moment (2015). Il a été mis à jour plusieurs fois sans jamais être publié. C’est désormais chose faite.
Je me permets ici de revenir sur les commentaires d’un blog en ligne, car parfois on me pose la question, ou alors on voit des blogueurs demander à que les blogs rouvrent tous leur commentaires.
Déjà, un site web accessible au public ce n’est pas rien : vous aurez des visiteurs tout à fait normaux (bienveillant, curieux, pas forcément d’accord, mais respectueux et polis), mais aussi des robots légitimes (GoogleBot, pour indexer vos pages) des robots illégitimes (qui cherchent les numéros de téléphone ou adresses e-mail dans les pages pour les spammer), les petits malins qui vont bombarder les pages « /admin/ », ou « /wp-admin » de requêtes pour tenter de vous nuire, ou des gens qui vont spammer le bouton refresh 50 000 fois jour, croyant bien faire mais tuant votre serveur.
Aujourd’hui il y a aussi les IA qui vont tout vous piquer.
Il faut prendre en compte tout ça.
Il est possible, mais pas obligatoire, de permettre aux visiteurs de laisser des commentaires. C’est votre choix, c’est votre droit de ne pas l’autoriser. Sur ce blog, les commentaires ont déjà été désactivés, puis réactivés, puis refermés et ré-ouverts une nouvelle fois. Maintenant ils sont fermés. Sur mon autre blog, ils sont modérés avant publication.
Trouver une méthode vivable de tenir un blog tout en permettant aux lecteurs de réagir, ce n'est pas simple : entre une majorité de commentaires intéressants, cordiaux et constructifs, il faut subir les haters, des trolls, des ouistitis qui postent 500 commentaires par jour et qui font 25 000 mots chacun, du spam, du harcèlement contre vous ou contre un autre lecteur, les archéologues qui déterrent un coup de gueule vieux de 15 ans de quand vous étiez ado dans un monde qui n’existe plus et pense avoir trouvé le truc qui fait de vous un pédo-nazi-pirate-tueur de chatons.
Sans compter que lire et répondre à tout ça, même si c’est enrichissant, ça prend tout simplement du temps. Si l’on a deux commentaires par semaine, ça devrait aller, mais si on en a 50 par jour, c’est autre chose.
Ce n'est pas simple, croyez-moi.
Ça sonne prétentieux, mais je dis ça par expérience, tout simplement. Si vous venez de lancer votre tout premier site-web, sachez qu'il arrivera un moment où vous serez excédé : un jour vous reconsidérerez l'interaction avec vos lecteurs de façon globale. Je ne parle pas de bloquer un fouteur de merde. Ça c’est facile. Mais de revoir l’activation des commentaires ou non dans leur ensemble, voire avoir envie de tout laisser tomber.
Dans les faits et en généralisant, je pense qu’il arrive toujours une « masse critique » à partir de laquelle vous, votre site, ou votre communauté finit par exploser.
Certains laisseront faire, pour diverses raisons. Sur les réseaux sociaux, par exemple, des chamailleries dans les commentaires ça génère du chiffre. Suffit de lancer une polémique, et à vous les vues et les interactions ! Si ça ne vous plaît pas, suffit de ne pas intervenir.
Perso, sur mon site, je préfère éviter ça et y mettre un frein. Je ne cours pas derrière les vues : ça ne me rapporte rien, ni en pognon, ni en satisfaction.
Je l'ai vu sur mon site il y a des années. Je l’ai aussi vu sur des forums, des sites plus gros, des journaux en ligne, sur Youtube, Twitter…
Je l’ai aussi vu sur des sites des copains blogueurs. Je remarque la désactivation des commentaires à tour de bras. De plus en plus de sites personnels (en tout cas ceux qui restent) sont des sites sans commentaires.
D'autres se mettent à les modérer plus durement ou ont changé complètement leur système :
Certains vont même jusqu’à complètement fermer leur site.
Certains sites n’ont jamais activé les commentaires, avec là aussi leur raisons. Les sites qui n'ont rien changé et qui existent depuis longtemps ou sont assez gros, je vous laisse observer leurs commentaires et leur qualité : c'est le bordel. Constamment.
Typiquement, les sites de presse en ligne sont dans ce cas : lemonde.fr, le figaro.fr, etc.
Quand je vois un blog qui gueule ou un site qui ferme complètement à cause des commentaires, je comprends tout à fait. Je ne partage pas forcément, je ne suis pas toujours d'accord, je ne sais pas toujours tout le fond de l'histoire, mais je ne peux que comprendre et compatir.
Certains ne comprenaient pas pourquoi je désactive les commentaires chez moi. Et pour cause : je pense qu’il faut le vivre d’une façon ou d’une autre.
En ce qui me concerne, j’ai 17 ans de blogging derrière moi, soit environ la moitié de ma vie, j’ai participé sur des tas de forums en ligne bien avant ça et j’en ai moi-même ouvert. Il y a un énorme ravin entre se contenter d’écrire des articles et celui d’avoir à gérer des débats entre plusieurs personnes.
On ne peut évidemment pas plaire à tout le monde, et ça vaut pour moi comme pour tout le monde (en fait, peut-être plus pour le blogueur ou celui qui fait office de l’animateur dans l’espace d’échange que constitue un blog ; et pour ma part je donne souvent mon avis sur des sujets sensibles, et avec des avis authentiques, pas destinées à plaire).
Mais au final ce n’est pas vous à qui l’on dit « Pourquoi t’as censuré untel ? », « Pourquoi je suis bloqué ? », « Pourquoi tu ferme les commentaires ? », « Untel a dit […], c’est un @%#%$ »…
Pour ceux qui se posaient des questions sur les commentaires ou le blogging, ma réponse jusqu’à présent était toujours quelque chose du sens de « vous pouvez pas comprendre » ou « vous verrez vous-même ».
Je n’aimais pas du tout ces réponses, mais c’était la seule que j’avais. Il est facile de dire qu’un plat n’est pas bon alors qu’on n’a jamais rien cuisiné soi-même. Tenir un blog c’est pareil.
Il ne s’agit pas de faire peur à ceux qui se lancent avec un blog ou n’importe quelle communauté (chaîne YouTube, Twitter, forum…). Mais juste de donner quelques explications personnelles à propos de mon site. Il n’y a pas de quoi avoir peur. Les commentaires qui rendent la tenue d’un blog parfois compliqué sont minoritaires. Comme partout, ce sont les 1% les plus bruyants qui sont plus visible que les 99% autres. Mais parfois ça suffit pour être dépassé. Par ailleurs, certaines personnes aiment les débats ou les conflits, aiment et sont doués pour gérer ça (soit en ramenant la paix, soit en jetant de l’huile sur le feu). Pour ma part, plus ça va, plus le social et moi font deux.
Dans tous les cas, il n’y a qu’un bouton à presser pour fermer les commentaires. Certains ne vont pas aimer, mais on s’en fiche : votre site est à vous. Quelque soit votre décision vous serez dans votre bon droit, vous n’avez de comptes à rendre à absolument personne. Votre site n’est pas démocratique, et n’a pas à l’être. Tout simplement parce que c’est chez vous et non un espace de bien commun maintenu par les autres. C’est vous qui investissez dedans, c’est vous qui décidez tout à son propos.
N’oubliez pas non plus qu’une décision est réversible : n’ayez pas peur de changer d’avis, de tester, de voir la différence, bref, d’apprendre tout simplement. Et c’est bien ce que je fais ici. J’ai appris le côté technique pour faire un site dans un éditeur de texte, et j’ai appris à gérer une communauté ici. Et j’apprends encore. Et je suis plus doué pour certains trucs que pour d’autres, comme tout le monde.
J’ai aussi découvert mes limites et celles du système. Aujourd’hui, je discute plutôt par e-mail en direct et en privée avec celui ou celle qui a un commentaire à faire. Ça arrive souvent. Quant aux messages haineux et autre harcèlement, je ne répond pas.
Enfin, rien n’est définitif. Je ne sais pas ce que ça donnerait aujourd’hui : j’ai moins de visiteurs qu’à une époque. Je blogue moins aussi.
À voir.
Je verrais.

Vu à Carrouf aujourd’hui :

Ou comment se mettre à vivre à crédit même pour ses fruits et ses légumes.
… et ou comment mettre les gens dans la merde encore plus qu’ils ne le sont déjà : qu’on le paye maintenant ou après, on le paye dans tous les cas.
On dit que j’ai plus ou moins des facilités pour expliquer simplement des choses compliquées, mais là je jette l’éponge pour essayer d’expliquer que c’est plutôt une mauvaise idée, que certains vont s’en mordre les doigts, et que ça va faire plus de mal que de bien.
En réalité j’ai déjà abandonné depuis le jour où j’ai appris que certaines personnes considèrent le découvert autorisé comme de l’argent de poche gratuit donné par ta banque.
Mais bon, quand un ministre déclare que les maths ça ne sert à rien et que la gestion de l’argent est laissé à ton commerçant, ça ne peut que mal se passer dans tous les cas.

Vu que l’année démarre, pourquoi ne pas faire un peu d’astronomie tout au long de 2026 ?
Ce que je vous propose de faire, et je vais le faire aussi de mon côté, c’est une expérience d’astronomie sur toute l’année : l’expérience dure une année exactement. Elle est très simple, vous pouvez la faire avec vos enfants, ou même à l’école (si vous êtes prof par exemple).
Vous voyez l’image en tête de cet article ?
On y voit un paysage avec plusieurs Soleils représentés. Les différents points du Soleil correspondent à sa position dans le ciel qui varie tout au long de l’année. Ce tracé en forme de « 8 » est appelée un analemme.
On obtient cette image en prenant à intervalle régulier (chaque jour, chaque semaine, chaque mois…) une photo du Soleil, du même endroit sur Terre, avec la même orientation, et surtout, à la même heure de la journée, puis, au bout d’une année, de combiner toutes ces photos.
L’on observe donc que, bien que l’on soit à la même heure et au même endroit, le Soleil n’est pas toujours au même endroit : sa position dans le ciel évolue. Sa position varie en hauteur : elle est plus base en hiver, et plus haute en été, chose que vous avez probablement constaté sans y penser ; mais elle varie aussi sur l’axe gauche-droite. Ceci est plus intriguant.
Je déconseille de prendre des photos du Soleil. Votre appareil photo n’appréciera pas, et vos yeux non plus. On va plutôt prendre un point fixe quelque part et noter son ombre sur le sol, tout au long de l’année.
Le point fixe ne doit pas bouger. Cela peut être le sommet d’un lampadaire dans un parking, ou le coq en haut d’une église. On peut aussi planter un piquet dans le sol. Pour ceux qui préfèrent rester à l’intérieur de la maison, on peut faire une marque sur la vitre d’une fenêtre. La fenêtre doit être éclairée toute l’année (exposée au sud, donc), et doit donc éclairer par terre chez vous. L’ombre de la marque sur la vitre sera alors ce que l’on va noter à intervalles réguliers.
Chez moi j’ai fait une marque en forme de carré avec du scotch sur ma vitre :

Cette marque va rester là toute l’année : mettez-la à l’intérieur et assurez-vous que cela ne bouge pas.
Ce qui nous intéresse maintenant, c’est l’ombre de cette marque sur le parquet (ou sur un mur) :

Là aussi, il faudra pouvoir annoter la marque sur le sol, tout au long de l’année. On va pas abîmer le parquet avec un clou (sauf à faire une œuvre d’art permanente), mais une marque avec un bout de scotch, ou un marqueur suffit.
Ce qu’il faut faire maintenant, c’est, tous les jours à la même heure — ceci est très très important — une marque de l’ombre sur le sol. On peut aussi le faire chaque semaine, ou tous les deux jours : peu importe, il faut juste le faire au moins une vingtaine de fois dans l’année.
Personnellement, je vais faire ça chaque samedi, à midi pile. Si un samedi je ne suis pas là, ou s’il fait nuageux, ce n’est pas grave : je le ferais le dimanche, ou le lundi. Louper un point n’est vraiment pas grave. Tant que vous en avez une vingtaine plus ou moins régulièrement espacée au cours d’une année.
Comme ceci :

J’insiste : il faut être très méticuleux dans l’heure à laquelle vous allez poser la marque. Faire la marque à 12 h 01 au lieu de 12 h 00 peut tout changer. Voyez-vous même avec cette photo prise à 12 h 01 :

Même une minute après, l’ombre a déjà bougé de pratiquement un centimètre !
Si vous choisissez de faire cette marque à 12 h 00, mettez-vous un réveil à 11 h 50 par exemple.
Une fois que la marque est faite, il n’y a plus qu’à attendre le lendemain à la même heure (ou la semaine d’après, à la même heure), et de faire ça tout au long de l’année.
Normalement, vous verrez que le point sera décalé à chaque fois, et à la fin de l’année, vous aurez également cette figure en forme de 8, ou de lemniscate (le nom du symbole de l’infini).
Je le redis : soyez rigoureux dans l’heure. Cela peut être 11 h, 12 h ou 14 h, peu importe, mais gardez la même tout au long de l’année. Prenez également une heure où il y a du soleil. À 07 h 00, vous aurez du soleil en été, mais pas en hiver.
Il faudra également faire attention au changement d’heure en mars et en octobre ! Les ombres et les marques reflètent la position du Soleil dans le ciel. C’est l’heure solaire (aussi appelée « heure solaire vraie ») qu’il faut considérer, pas l’heure civile (le terme rigoureux est « heure solaire locale moyenne », mais je préfère dire « heure civile »). Autrement dit, quand on sera passé à l’heure d’été il faudra décaler d’une heure.
Ainsi, si vous commencez aujourd’hui en choisissant 12 h 00 comme référence, lorsque nous passeront à l’heure d’été, il faudra prendre le point à 11 h 00, et cela, jusqu’au retour à l’heure d’hiver.
Si vous faites cela, vous resterez à l’heure solaire vraie toute l’année et votre analemme formera un joli « 8 ». Si vous ne le faites pas, il reste évidemment possible de faire le tracé, mais votre analemme sera décalé sur toute une section. Cela peut être intéressant à constater aussi, cela dit.
L’analemme a une forme caractéristique de « 8 ».
Sa hauteur provient du passage des saisons : en été, le Soleil est plus haut dans le ciel et l’ombre sera plus proche de la fenêtre, et en hiver, le Soleil étant plus bas, l’ombre de la marque sera plus distante. Cela provient de l’inclinaison de la Terre par rapport au plan de l’écliptique : on parle aussi d’obliquité.
Au cours d’une année, nous sommes donc tantôt inclinés vers le Soleil (en été), ou à l’opposé (en hiver). C’est pour ça qu’il fait plus chaud en été. Cela explique donc l’élongation de ce « 8 ».
La largeur du 8 provient quant à lui d’un phénomène bien moins connu. Si le 8 est élargi, cela veut dire que le Soleil est tantôt un peu plus à gauche, tantôt un peu plus à droite par rapport à sa position « moyenne » à l’heure choisie.
Comment cela se fait ?
La position du Soleil dans le ciel reste une illusion : le Soleil est fixe, c’est la Terre qui tourne sur elle-même. Chaque jour, le Soleil décrit donc un arc dans le ciel, et le point culminant correspond au « midi solaire ». On appelle ce moment la culmination méridienne.
Sauf que nous ne traçons pas les crois à l’heure solaire, mais à l’heure civile ! L’heure civile divise la journée en 24 heures très précisément. Sauf que la Terre ne fait pas face au Soleil avec une régularité de 24 heures !
La Terre est sur une orbite elliptique autour du Soleil. Cela signifie qu’elle est tantôt plus proche, et tantôt plus éloignée. Les lois de Kepler nous apprennent que la Terre se déplace plus rapidement sur son orbite lorsqu’elle est proche du Soleil, et plus lentement quand elle en est éloignée.
Or, si elle est plus proche, vu qu’elle va plus vite, elle parcourt une plus grande portion de son orbite ce jour-là. Si l’on veut suivre la position du Soleil ce jour-là, l’on verrait qu’il est un peu en retard par rapport à l’heure civile (plus régulière).
L’heure civile mesurant 24 heures, il s’agit là d’une moyenne sur toute une année des jours solaires. Certains jours solaires sont donc plus longs, d’autres plus courts. Et le déplacement du Soleil est donc d’autant plus irrégulière.
Ceci explique le déplacement horizontal de l’ombre.
… enfin, une partie seulement : car s’il n’y avait que ça, l’on observerait une seule boucle, en forme de « 0 ». Le nœud du « 8 » provient du fait que les deux phénomènes (l’obliquité de l’axe de rotation et l’ellipticité de l’orbite) participent au décalage latéral : en été, la trajectoire du Soleil est non seulement plus haute, mais aussi plus rectiligne dans le ciel. En hiver, elle est plus arquée, et ceci donne également lieu à un retard ou à une avance entre l’heure civile et l’heure solaire.
Les deux phénomènes combinés se font à des fréquences différentes, et cela se traduit par une boucle dans l’analemme.
Ce décalage, dont la moyenne sur une année est nulle, mais qui est non nul pour un jour donné, entre l’heure solaire et l’heure civile, est appelé [b]équation du temps[/b]. L’amplitude de ce décalage au cours d’une année est d’environ 30 minutes tout de même, variant de −15 minutes à +15 minutes !
Vous pouvez suivre l’équation du temps sur cette page : l’Équation du Temps. La page vous montre donc le décalage, à un instant donné, entre l’heure solaire vraie et l’heure solaire moyenne (heure civile).
Cette expérience, je vais la faire également. Cela m’amuse. J’espère que cela en amusera d’autres aussi.
Elle est une preuve que la Terre est inclinée sur son axe et qu’elle tourne autour du Soleil. Elle valide également les équations de Kepler sur les orbites des planètes.
Notez que l’on n’a pas attendu Kepler au XVIᵉ siècle pour comprendre tout ça. Les Romains et les Grecs étaient déjà au courant. Leur heure de la journée était mesurée avec des cadrans solaires. Un cadran solaire, c’est précisément une tige, appelée gnomon, qui produit une ombre sur un cadran : l’ombre tombe alors sur une valeur inscrite sur le cadran, et celle valeur correspond à l’heure de la journée.
Or, si l’on ne fait rien, l’heure solaire pouvait être déplacée de ±15 minutes par rapport à l’heure civile, chose qui pouvait poser problème dans certaines situations, je suppose.
Certains cadrans solaires, en plus des valeurs de l’heure, intègrent donc des mesures plus précises pour chaque jour de l’année. Selon le jour de l’année, donc, il faut donc utiliser une marque donnée. On peut le voir sur cet exemple de cadran solaire, où il y a un tracé pour chaque mois de l’année !
Ici, nous traçons donc l’analemme pour une année, avec des mesures une fois par jour (ou en tout cas une fois pour une journée donnée).
Si vous voulez aller plus loin (et que vous avez le temps), vous pouvez faire plusieurs points chaque jour, qui donnera alors une courbe par jour également. Cela revient alors à créer un cadran solaire. Si vous faites cela plusieurs jours dans l’année, vous constaterez que les courbes se décalent de jour en jour.
En faisant cela pour chaque jour de l’année, et à chaque heure, et en reliant d’une part les courbes pour chaque journée, et d’autre part les courbes à heures fixes pour différents jours, vous aurez un cadran solaire très précis, qui tient compte de l’équation de temps.
Chose que les astronomes de l’antiquité avaient déjà fait.
Enfin, pour finir, si vous suivez cette expérience, n’hésitez pas à revenir sur cet article dans un an, et à m’envoyer une photo du résultat final. Je la publierais ici, avec la mienne !

Après les articles en 2014, 2017, 2019 et 2020, voici de nouveau un listing des pratiques énervantes sur le web, mises à jour.
(et on verra si celui-ci se fera recopier de façon indélicate également ^^)
Déjà, on peut dire qu’une bonne partie des pratiques des autres années n’a pas été résolue.
On n’a plus flash / silverlight / java ou d’autres conneries (merci), mais on a d’autres pratiques de merde. Beaucoup.
Le web permet de plus en plus de choses, mais c’est pas une raison d’alourdir toujours plus les documents. Au contraire. Ce qui auparavant était dans des libs, des hacks et des quirks, est désormais nativement pris en chaque par les navigateurs. On peut donc virer un paquet de libs à la con et alléger les pages.
Dans les faits :

Malheureusement donc, ce n’est pas comme ça que ça se passe, même si tous les navigateurs étaient à jour. Généralement, les éléments de l’interface proposés par le navigateur (par exemple un sélecteur de dates ou un menu déroulant) ne suffisent pas au web-dév qui préfère utiliser une lib débile pour transformer des DIV en SELECT.
On l’a vu avec YouTube, mais ce n’est pas un cas isolé : de plus en plus de sites obligent la désactivation des bloqueurs de pub pour pouvoir être accessibles. YouTube se le permet, car il est incontournable. Ça ne va pas durer quand tout le monde passera par des clients tiers, mais pour l’instant c’est ça.
Par contre un site de média qui fait ça se tire une balle dans le pied : ce n’est pas comme si l’information n’était pas disponible ailleurs. Un site avec un paywall ou qui force un peu trop sur l’acceptation des cookies, désormais je blackliste.
Coucou le site suivi Colissimo ? Coucou le site pourri de la SNCF ? Ça vous dit de fonctionner parfois, où ça fait partie de votre stratégie commerciale, sachant que de toute façon vos usagers, ou plutôt clients — oui je persiste — n’ont pas le choix de vous choisir ?
Le site de la poste dont le suivi ne marche pas les 3/4 du temps.
C’est pas comme si vous étiez une petite PME excusable, ou que votre site était maintenu par un seul gus dans son garage (même si les libs dont vous abusez le sont).
Et puis leur « momentané » est de la poudre aux yeux : parfois ça dure plusieurs jours. Quant à la Poste, vous savez que je les hais pour leur service de merde, mais leur putain de site est quand-même en échec particulièrement souvent. Mention spéciale pour Digiposte, le truc que les entreprises choisissent pour distribuer les fiches de paye et autres documents, est systématiquement en rade les derniers jours du mois (mais faut les comprendre : les fins de mois arrivent sans prévenir… tous les mois !).
Le site des impôts, lui, n’est jamais hors-ligne et fonctionne toujours. Étrangement.
Ça ne vous est jamais arrivé d’atterrir sur un site avec l’intention de faire quelque chose (contacter le support, trouver un numéro de téléphone, le panier…), mais de ne pas savoir où cliquer tellement c’est le bordel ? Alors vous passez 10 minutes à observer l’écran dans tous les sens, mais non, toujours pas de bouton pour faire l’action que vous voulez.
Mettez des liens clairs pour effectuer une action. Ne cachez pas le lien pour accéder au panier, à la page de contact, celle pour s’inscrire ou pour revenir à l’index.
Le pire reste quand par ailleurs (e-mail, CM twitter…) on vous dit « retrouvez <l’action> sur notre site », alors que le site est essentiellement vide, ou renvoie sur Twitter ou FB. Du foutage de gueule.
C’est le cas du site de l’URSSaf où on tourne en rond avec l’INPI ou de Dell (qui nous prennent pour une balle de ping-pong à nous balancer entre le site et les réseaux sociaux).
Les menus fixes permettent d’avoir des informations (et des liens bien souvent) toujours visibles à l’écran. Si vous faites ça, assurez-vous de tester votre @#%$ de site.
Je ne compte plus le nombre de PC que je vois passer et qui appartiennent à des personnes âgées dont la vue baisse et qui ont tout mis en grand sur leur écran. Or quand on met tout en grand, les menus fixes sont plus grands aussi jusqu’à recouvrir 80 % de l’écran.
N’est-ce pas SFR et ton espace e-mail non-zoomable ? Là aussi, les sites de très grands groupes parfois ne sont pas assez testés.
Arrêtez avec les liens JavaScript ou des boutons impossibles à middle-clic pour l’ouvrir dans un autre onglet. On n’est plus en 2004, les navigateurs ont des onglets. Le grand champion ici est le site des impôts qui fonctionne encore comme sous IE6 en ouvrant des fenêtres dans tous les sens.
Quant aux sites de téléchargements en tout genre (images, logiciels, etc.) ne tournez pas autour du pot avec des boutons, liens raccourcis et comptes à rebours.
Assez de tout ce bullshit : mettez un lien vers le fichier et cassez pas les couilles.
Et toujours des sites qui bloquent des clics-droits, et même parfois les raccourcis clavier pour afficher la source de la page. Vous êtes sérieux, bande de petits cons ? Vous pensez qu’on est des lapins de trois semaines ?
Y a combien de chances que quelqu’un qui connaît Ctrl+Shift+I ne sache pas contourner un blocage de Ctrl+Shift+I ?
Probablement que ça rebutera la plupart des gens d’aller chercher plus loin, mais si je veux obtenir un truc sur votre site, croyez-moi, je l’aurais.
Et pour ceux qui ne savent pas, quand le clic-droit est bloqué, faites « Shift + ClicDroit », ou « Alt+ClicDroit », et là ça forcera l’apparition du menu, même si le webmaster ne veut pas.
Je n’ai jamais compris pourquoi l’on était tenu de taper deux fois son adresse e-mail lors d’une inscription. Le mot de passe, pourquoi pas, mais l’e-mail… wtf ? Et encore pour le mot de passe : mettez un bouton qui l’affiche en clair, c’est pas très compliqué.
Et laissez-nous copier-coller tout ça.
… surtout si vous êtes un site qui vend quelque chose et si vous n’avez pas envie de voir de potentiels clients partir. Mon adresse e-mail est acceptée par tout le monde normal depuis bientôt 15 ans, y compris les le service des impôts en France, l’ambassade des Pays-Bas à Paris et l’Armée de l’Air française.
Mais divers sites marchands considèrent tout ce qui n’est pas @outlook.fr ou @gmail.com comme de la merde :

Dans ces cas-là, je vais voir ailleurs, tant pis pour eux (d’autant qu’ils se fichent de moi quand je leur signale le problème).
Autant quand un site américain ou chinois refuse de livrer chez toi en Europe pour une question de douanes ou de taxes (what else ?), c’est con, mais bon, ça peut se comprendre (et encore), quand c’est un site français qui te dis « désolé, aucun livreur ne livre chez vous », alors que le site expédie depuis la France, et que notre adresse est aussi en France, bah ça le fait pas. Vous passez juste pour des branleurs.
Aucune explication, un message tout simplement faux en plus de ça. C’est n’importe quoi.
On pourrait penser qu’en 2025 on avait dépassé tout ça, que les popup, c’est terminé, mais il n’en est rien. C’est même de pire en pire. Maintenant, en tout cas la première fois que tu vas sur un site, tu as bien 5 ou 6 actions à mener pour pouvoir commencer à lire :

Et je ne parle pas des popup des navigateurs pour accepter (ou non) :
Je regrette un peu Opera 12, où l’on avait une liste de permissions, et on pouvait dire « oui pour tous les sites (sauf liste noire) », « non pour tous les sites (sauf liste blanche) », « choisir au cas par cas ».
En gros, on bloquait la localisation pour tout le monde, et si un site le demandait légitimement, on pouvait toujours l’activer dans les paramètres du domaine.
Idéalement je veux que mon Firefox propose un menu à côté de la barre d’adresse avec la liste des autorisations : popups, GPS, micro, etc (et non autant de popups que de demandes).
Outre la publicité, toujours plus intrusive sur ce site (au point où désormais je télécharge les vidéos en local pour pouvoir les regarder tranquillement), désormais les vidéos — l’audio en fait — est automatiquement traduite, avec une voix mécanique et la précision que l’on connaît des traducteurs automatiques.
C’est n’importe quoi, et impossible de désactiver ça, en tout cas sur mobile. Sur desktop, on peut encore jongler entre les langues. Mais le fait qu’il n’y ait pas un choix quelque part, c’est honteux.
Youtube se permet ici d’imposer des choses que ni le créateur, ni le lecteur n’a choisi de voir, ni ne veut. Et ça c’est intolérable, d’autant que la qualité de ce qui est imposé est merdique.
Malheureusement, on a beau implorer les créateurs de passer par une autre plateforme, même payante(Nebula…), certains ne veulent tout simplement pas. Tant pis pour eux ?

Je jongle entre les applications et cartes de recharge pour EV depuis des années. Les raisons sont expliquées dans un autre article, mais pour le dire en un mot : c’est une question de tarif.
Les applications changent avec les années : certaines s’améliorent, d’autres se merdifient. Certaines propose des prix bas, mais sont plus limitées (en couverture des bornes), d’autres sont au contraire extrêmement complètes, mais un peu plus chères. Il en apparaît aussi de nouvelles et certains disparaissent.
Ici je présenterai quelques applications : des bonnes surprises récentes, aux vieilles applications de référence que j’ai laissé tomber.
Cet article est là non pas pour être exhaustif (je n’ai pas tout testé), mais pour refléter mes usages et mes préférences actuelles, qui ont évolué depuis 5 ans, et pour partager ça, au cas où ça peut intéresser.
Si je ne devais garder qu’une seule appli/carte : Octopus Electroverse
Déjà, leur interface (du moins sur iOS) est excellente. Ce n’est pas un foutoir bugué comme ChargeMyHyundai.
Ils couvrent toute l’Europe, et sur les réseaux que j’utilise, les prix sont bons.
De base, ils ont un bon prix chez Lidl qui a un nombre surprenant de stations, y compris du 120 kW (0,39 €/kWh). Chez Ionity, le tarif en 50 kW est très bon aussi (0,35 €/kWh), mais le tarif des bornes 350 kW est le tarif standard, donc assez cher (0,59 €) : tout va dépendre si l’on est pressé ou non, mais si vous ne l’êtes pas, 0,35 €/kWh c’est quand-même bien moins cher.
Ils proposent un abonnement pour Ionity : 11,99 €/mois, et avec ça on gagne 40 %. Le tarif descend à 0,32 €/kWh en 350 kW et 0,21 €/kWh sur les bornes 50 kW, ce qui devient alors très intéressant. Ce que l’on paye en abonnement mensuel est absorbé par la baisse du tarif sur 37 kWh, et tout ce qu’on charge au delà chez eux durant le mois est donc rentable. C’est vraiment un très bon tarif, pour le coup. Et c’est sans engagement.
Ils ont aussi un abonnement chez PowerDot, qui a beaucoup de points de charge vers les hôtels, notamment. Actuellement, ils font 28 % de remise pour 1,99 €/mois (donc très vite rentable, mais je n’ai pas testé cet abonnement).
Bref, cette appli/carte, c’est devenu ma carte par défaut désormais.
Pour vous inscrire :
pale-dawn-17960 (5 € pour vous et pour moi après la première charge).ChargeMyHyundai (CMH)
Si vous avez une Hyundai, vous devez avoir reçu ce badge.
Ils proposent aussi un abonnement chez Ionity (7,49 €/mois), et le tarif devient 0,39 €/kWh. Ça reste correct par rapport au tarif de base, et c’est, là aussi, rentabilisé dès la première charge. Elle est un peu plus rentable que celle d’Octopus si vous ne chargez pas beaucoup. Mais au delà de 64 kWh rechargés dans le mois (entre 1 et 2 charges), c’est Octopus qui reste moins cher. La différence n’est pas énorme ceci-dit.
Pour donner une idée : si vous rechargez 500 kWh dans le mois (environ 2 500 à 3 500 km roulés), il vous coûtera :
L’application CMH est, par contre, un foutoir peu ergonomique et en dehors de Ionity avec l’abonnement, c’est très cher (avec des frais fixes de connexion aux bornes, notamment). Mais là aussi, elle couvre l’Europe et ne m’a, de mémoire, jamais laissé tomber, ni en France ni ailleurs.
ChargeMap
Elle est très connue, a probablement la meilleure couverture en France, et est très fiable pour ce qui est des informations à propos des bornes : spécifications, vitesse, état et localisation des bornes.
Seul reproche que je lui fais : les tarifs sont un peu élevés. Je ne l’utilise pas souvent à cause de ça. Ils ont aussi un planificateur, qui peut être utile pour ceux qui veulent en avoir un sous la main (ceux des voitures ne sont pas toujours optimisées).
Eux aussi proposent des abonnements très intéressants à certains réseaux (PowerDot, Ionity, Tesla…) selon le moment. Cela reste la référence en la matière.
Freshmiles
Cette app française était pionnière dans le domaine depuis 2010, avec de bons tarifs un peu partout, y compris les petites bornes locales. Mais depuis quelques années, tout ça, je ne le retrouve plus. Les prix sont devenus les mêmes qu’ailleurs pour ces petites bornes.
Qui plus est, quand je les contacte pour un problème (qui m’arrivait de plus en plus dernièrement), on me répond comme si je les faisais chier, et sans résoudre mon problème. Ça vient de moi, de la borne, de la voiture, de ma banque, mais pas d’eux (alors que si je prends n’importe quelle autre carte, aucun problème).
Après 3 cas où leur carte a merdé et qu’ils s’en fichent, j’ai décidé d’arrêter : une carte pas fiable et un support à chier ? Non merci.
En prime, quand il s’agit de supprimer mon compte comme le prévoit la RGPD en moins de 30 jours, ils prennent beaucoup plus de temps (mais, encore heureux, finissent par le faire).
En cherchant, je constate que l’application a été rachetée en 2021 par un grand groupe côté en bourse (Rexel), donc je suppose un « effet Norton » suivie d’une merdification inévitable dans les 2-3 ans qui ont suivies, ce qui correspond assez précisément à ce que j’ai observé.
J’ajouterais aussi que cette façon de traiter leurs clients n’est pas spécifique à eux, mais bien généralisable à la plupart des entreprise françaises.
Mobilize
Mobilize, c’est le service de recharge par Renault. Ils proposent leur propre réseau de bornes (depuis 2024 environ), et proposaient un abonnement très compétitif chez Ionity à leur sortie : 0,29 €/kWh pour 5 €/mois. Je ne sais pas où ça en est désormais, si c’est toujours là et si c’est toujours disponible pour tous le monde ou seulement ceux qui ont acheté une Renault.
Toujours est-il qu’à la sortie (juin 2024), j’ai voulu essayer. J’ai commandé une carte, installé l’application, créé un compte. Et… Ça n’a jamais marché.
Les prélèvements n’ont jamais fonctionné avec ma banque (BoursoBank). Je n’étais pas le seul dans ce cas. Je n’ai jamais eu aucun autre problème bancaire avec aucune autre application, donc il y a de bonnes chances que ça venait de Renault, pas de moi ni de ma banque.
Après avoir demandé de l’aide à leur CM sur Twitter, le problème n’a pas été résolu. Par e-mail, pareil. Quand je dis que laisser les gens dans leur merde est la façon standard de traiter les clients en France…
J’ai donc supprimé mes comptes chez eux faute de pouvoir activer l’abonnement, faute de m’en être servi même une seule fois, faute de trouver un support compétant. C’était en juin 2024. En novembre 2025, un an et demi plus tard, donc, je reçois de leur part un e-mail me disant que deux prélèvements n’ont pas fonctionné et m’en réclament le paiement. Déjà là c’est un foutage de gueule. Les montants et les dates semblaient correspondre à mes tentatives d’abonnement, mais j’ai tout de même pensé à un scam.
Ils proposent une adresse e-mail de contact pour toute question. Je leur envoie donc un e-mail. Apparemment l’e-mail de contact qu’ils donnent ne peut pas recevoir d’e-mails : mon mail revient avec une erreur. Quel enfer.
J’essaye avec deux autres adresses d’expédition, idem : ils ont donc tout bloqué, pas juste mon nom de domaine. Je mets donc en copie une adresse du service client Renault/Mobilize, là ils répondent, et après deux mails et deux semaines, et après leur avoir dit que l’abonnement à leur services n’avait jamais fonctionné, que leur support ne m’avait pas aidé, et que de toute façon je n’avais jamais pu utiliser leur carte pour charger quoi que ce soit, et aussi que s’ils recommençaient à me demander du pognon, ça sera traité comme une extorsion, on me confirme que la « dette » est annulée.
Quinze jours après, je reçois une nouvelle relance de paiement. Je renvoie donc au SAV un mail, leur demandant de me confirmer que je peux ignorer ça, ce qu’ils font. Cette réponse est à garder précieusement en cas de litige futur (car il y en aura : ce n’est jamais fini avec ces fanatiques des procédures et de la paperasse traînante).
Bref, un beau bordel, mais là aussi c’est normalement réglé, non sans en venir à des menaces de leur envoyer un avocat (mais on a l’habitude en France : sans menaces légales, y a plus rien qui tourne).
Je sais toutefois que chez d’autres personnes, ça fonctionne nickel. Tant mieux pour eux, mais moi c’est pas mon cas. Donc bon : à voir au cas par cas.
Quant au réseau de charge Mobilize, leurs bornes avec les « lounges », elles sont top. L’énergie est chère, certes, mais le lounge propose des snack, du café, des WC, du Wifi, des canapés et des tables. C’est propre (car on n’y entre que si l’on charge, je suppose), pratique et bien pensé.
Je le met ici car sinon j’en connais qui vont venir m’emmerder : non je n’ai pas été sponsorisé pour écrire cet article. Et le système de parrainage chez Octopus est disponible pour n’importe quel utilisateur de l’application, pas seulement moi. Je profite de ce site pour le mettre en avant.
J’ai aussi d’autres cartes, à savoir eFlux, Révéo, Shell-Recharge et Chargepoint. Je les ai depuis très longtemps, elles ne servent pas souvent (une à deux fois par an), mais ils peuvent être moins chers sur certaines bornes très précises. Shell par exemple, est un groupe néerlandais, et parfois ils ont des prix avantageux aux Pays-Bas (mais là-bas c’est le contraire de chez nous : leur AC11 kW sont peu chers, mais les DCFC sont vraiment très chers).
Aussi, même si je n’aurais pas de problèmes à charger où que ce soit avec tout ça, j’aime bien tout de même faire la chasse aux meilleur prix, dans une certaine mesure. C’est une satisfaction personnelle et un petit exercice de calcul mental amusant à chaque fois, on va dire.
Pour celui qui s’en fiche, prenez n’importe quelle carte et ne vous prenez pas la tête. Pour les autres, cela vaut le coup de s’intéresser un peu aux différents opérateurs, aux différentes cartes. Comme j’ai dit : le prix peut varier du simple au triple selon où l’on charge, combien on charge, pour quelle durée, etc.
Enfin, quand je dis que le tarif est cher sur les bornes, je parle d’un prix au kWh de 0,50 € ou plus. C’est un peu ma limite perso : au delà, c’est du foutage de gueule. En dessous de 0,30 € le tarif est bon, et entre les deux, ça me semble correct, sans plus. Ce n’est qu’une vision personnelle.
Je réagis à l’article de Korben :
Korben : on a la même voiture. J’ai une Ioniq 6, tu as la Ioniq 5. Sauf s’ils ont changé des trucs avec différentes versions (la mienne est de 2023), on aura le même fonctionnement. Dans ce qui suit, je décris le fonctionnement de ma voiture.
Les poignées sont rétractables : quand je me mets à rouler, ou quand je verrouille la voiture, elles rentrent et plus rien ne dépasse. Quand je déverrouille, elles sortent. Elles sont électroniques de ce côté-là.
Ce n’est pas le côté « affleurant » qui pose problème. Ce n’est pas non plus le côté rétractable qui gêne. Cadillac utilise ça sur certains modèles depuis les années 1960 !
Je te garantis que le système interne est bien mécanique.
Il faut bien aussi distinguer le verrouillage de la portière, du système d’ouverture des portes et l’actionneur dès poignées.
Maintenant ça donne quoi en pratique ?
Le côté rétractable est ici « soft » : quand on appuie sur la poignée, on peut la faire pivoter. Système électronique ou non.
Il faudrait que la poignée soit gelée pour qu’elle reste bloquée. Ça peut arriver, oui, mais un peu d’eau tiède et ça s’ouvre (je suppose : ça ne m’est jamais arrivé). Et ça n’empêchera pas de sortir depuis l’intérieur.
Bien-sûr, la portière ne va s’ouvrir que si la voiture est déverrouillée. Si la voiture est fermée à clé, on peut tirer sur la poignée tant qu’on voudra, elle ne s’ouvrira pas. Ceci n’est donc en rien différent de n’importe quelle voiture.
Le système électronique n’est par ailleurs pas nécessaire pour déverrouiller la voiture.
Tu peux tester (je viens de le faire à l’instant moi-même) :
Donc là, c’est comme si tu venais d’avoir un accident : tout est fermé, y a plus de 12 V donc plus d’électronique.
Coincé ? Non.
Derrière la poignée conducteur, t’as une serrure. Tu peux y mettre la clé mécanique « de secours » que tu as dû recevoir. Tu la tournes, ça déverrouille la portière. Maintenant tu peux actionner la poignée pour ouvrir la portière. Elle s’ouvre.
Et ça, c’est sans alimentation 12 V.
Voilà : tu peux entrer dedans.
Je suis formel : oui mes poignées se rétractent et s’ouvrent électroniquement, et j’ai un verrouillage central électronique aussi. Mais le système derrière est mécanique, et on peut toujours entrer dans la voiture lorsqu’on a la clé. Si on n’a pas la clé, c’est normal que ça ne s’ouvre pas (encore heureux).
On continue : tu es entré dans la voiture via la porte conducteur. Mais les autres portes sont encore fermées, et verrouillées.
Tu peux essayer depuis l’extérieur : impossible d’entrer, car c’est verrouillé.
Mais depuis l’intérieur, la portière passager-avant se déverrouille et s’ouvre quand on actionne la poignée. C’est immédiat.
Pour l’arrière, c’est beaucoup plus compliqué (ou pas) : il faut actionner la poignée une première fois pour faire sauter le verrouillage, la relâcher, puis l’actionner de nouveau pour ouvrir la porte. J’ai lu que BMW faisait ça aussi (mais j’ai pas vérifié).
Donc voilà : même sans 12 V, même quand l’électronique ne marche plus, les portières s’ouvrent encore mécaniquement. Dans tous les cas depuis l’intérieur (quand la voiture est verrouillée ou non) et depuis l’extérieur (quand elle est déverrouillée, ou quand on utilise la clé mécanique de secours).
Il n’y a rien de sorcier.
Il n’y a rien d’anormal. Ce fonctionnement est sûrement le même sur une Clio, une 206 ou une Mercedes.
Et sinon, quand le 12 V est bien là, tu peux aussi forcer l’ouverture de la porte : en roulant par exemple, ça marche. J’ai essayé aussi. En tout cas la porte conducteur. La poignée étant mécanique, elle reste actionnable.
Je sais — et je dis bien JE SAIS, car j’ai démonté la portière et je suis allé voir (pour un truc autre) — que le système de la poignée de porte de la Ioniq 6 modèle 2023 est mécanique.
Quand on tire la poignée (de l’intérieur) on tire sur un câble en acier qui vient actionner le crochet qui maintient la porte fermée. Je suis absolument formel sur ça. Les 4 portes sont concernées.
Voilà.
N’oublie pas de fermer les portes, de remettre le 12 V. Tiens-toi prêt, car l’alarme peut sonner. Appuis juste le bouton de déverrouillage de la clé pour désactiver ça.
Enfin : pour ouvrir le coffre — qui lui aussi, est électronique et automatique : je peux l’ouvrir ET le fermer depuis la clé — on peut aussi l’ouvrir manuellement quand on n’a pas de 12 V.
Chez moi il y a une trappe sur le côté gauche de la banquette. Derrière il y a une tirette (câble en acier) qui permet d’ouvrir le coffre. Enfin, ça le débloque : il faut encore le pousser vers le haut à la main. Et une fois que t’as accès au coffre, tu peux aussi déverrouiller le câble de recharge (s’il est branché), il y a là aussi un loquet d’urgence quelque part dans le coffre.
Et donc pas besoin de backup mécanique, quand le système est lui-même mécanique, avec un « add-on » électronique présent pour le look. Pas besoin non plus, dans ce cas, d’un câble rouge ou je ne sais quoi.
En fait je ne vois même pas le problème tel qu’il est sur ma voiture : tout est mécanique, je peux toujours sortir, mais les poignées extérieures sont électroniques pour les rétracter dans un soucis esthétique comme n’importe quel autre élément esthétique.
Je n’ai pas essayé le cas du verrouillage « sécurité enfant » sur les portières arrière. Mais là, je pense et on peut être d’accord que si la porte ne s’ouvre pas, c’est voulu (by design).
Maintenant, est-ce ta Ioniq 5 modèle 2024/2025 est différente ? Possible (mais j’en doute).
Est-ce que les Tesla sont différents ? Sûrement. Mais je doute qu’ils n’aient pas intégré un système mécanique. Je sais qu’il y a deux boutons à l’intérieur sur les portières de Tesla. L’un est censé être mécanique (il me semble). Il faudrait tester tout ça sans 12 V là aussi.
Su les Tesla 3, la poignée pivote à la main. Sur les S et X, je crois, que c’est pas pivotant mais rétractable. Donc moins simple à faire sortir de l’extérieur. Est-ce que c’est spécifiquement ça que les chinois veulent interdire ? Je ne sais pas.
Est-ce qu’il existe des voitures où tout, absolument tout est électrique ? Probablement aussi. Et je suis d’accord que ceci est une connerie et un danger. En particulier pour une porte de sortie.
Pour nos voitures, en tout cas, pour la version Europe. Si le régulateur chinois, américain ou anglais n’oblige pas un système mécanique pour ouvrir une portière de voiture de l’intérieur, honte à eux. Mais pour le coup, je sais que le monde entier crache sur l’UE pour ses régulations parfois à la con, mais je sais aussi que moi je ne resterai pas dans ma voiture si elle crame et que plus rien ne marche…
… tout en ayant des poignées affleurantes, et à rétractation automatique. Bref, le meilleur de tous les mondes. Donc je ne vois pas de problèmes pour moi.
Et sinon, en dernier recours, j’ai ça :

10 € pour les deux, sur Amazon. C’est pas cher pour sauver sa peau.
C’est obligatoire dans toutes les voitures neuves aux Pays-Bas (il me semble). Ça devrait l’être partout, je trouve.
Je rappelle que si vous tombez dans un lac, la portière ne s’ouvrira pas car l’eau appuie dessus, avec une force de plusieurs tonnes. Une seule solution : briser la vitre avec un tel truc. Si vous n’en avez pas, dégondez l’appuie-tête et utilisez les barres d’acier de ce dernier (mais attention : l’eau va s’engouffrer et il faudra se dépêcher pour les autres passagers).
Et à n’importe qui avec une voiture moderne : faites des essais. Débranchez le 12 V et demandez-vous comment entrer ou sortir de la voiture. C’est le minimum, et ça vous évitera de chercher en panique soit un lundi matin avant le boulot, soit en cas d’urgence, sur votre voiture, ou sur une autre si vous êtes témoin d’un accident avec des gens coincés.
Il est préférable d’être préparé. Pour vous, pour les autres.