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On n’a pas besoin de bornes pour voiture électrique

Saturday 4 April 2026 à 10:55

Avec la traditionnelle et quasi annuelle pénurie d’essence, on voit les gens faire la queue aux stations Total (les moins chères actuellement), bouchant tous les centres villes et s’énervant à attendre plusieurs dizaines de minutes… Bref, faire exactement ce qu’ils pensent — à tort — ce qu’est la vie avec une voiture électrique.

Évidemment, les urluberlus du fossile viennent ensuite te sortir les arguments habituels. Parmi ceux-là, le prix des voitures est, selon moi, le seul qui tient. La plupart des autres sont totalement faux (attente, autonomie, problème des batteries, etc.).

Un des arguments, par contre, est mal compris : « il faut des bornes partout, et ça coûte cher ».

Je ne suis pas d’accord avec ça.

Je ne sais pas si je suis un rouleur standard, mais je fais quand-même de tout : je fais 30 000 km par an environ, la plupart des jours des trajets quotidiens (<90 km), mensuellement quelques trajets moyens (entre 300 et 500 km) et quelques fois par an des virées de 2 000 à 5 000 km. Ça me permet de tout voir quand-même : charge à la maison, trajets à une charge de 10 minutes, et trajets avec 3 ou 4 charges rapides dans la journée.
Certes, j’ai une voiture avec une grande autonomie (300 à 600 km selon que je fasse du 130 en plein hiver ou de la campagne en été).

Pour en revenir : oui les bornes sont chères, mais il n’en faut pas partout. Du moins, ce n’est pas nécessaire.

Ce ne sont pas des bornes qu’il faut, mais des prises. Une prise, ça coûte 500 € installation comprise (sauf quand c’est facturé par une entreprise agrée pour le service public, qui va facturer ça 12 000 €, comme les lampes de bureau à 130 €, mais c’est un autre problème. J’imagine que les propriétaires d’immeubles n’ont pas à passer par ces escrocs).

Bref : les voitures sont typiquement stationnées 90 % du temps, avec personne dedans. Ça signifie environ 22 heures par jour de disponible pour charger.
Que ce soit un parking d’entreprise, un parking d’immeuble, un parking public, ou un garage privé. C’est ça pour la majorité des voitures et la majorité du temps.

Et franchement : si la Poste arrive à rouler 7 heures par jour en Kangoo électrique de 2015 (150 km d’autonomie max) pour distribuer des avis de passage toute la journée, ou si certains chauffeurs de taxis y arrivent en se tapant 80 000 km par an, c’est bien que l’on peut concilier kilométrage et charge sans trop de problèmes.

22 heures, c’est largement assez de temps pour charger ce qu’on consomme durant les deux heures qui restent pour le M. Michu moyen.

… et pour ça, pas besoin de borne ultra-rapide.
… pas même besoin d’une borne standard.

Il suffit d’une simple prise.
Une ligne 32 A, une prise, et c’est tout.

Les parkings sont déjà là.
L’électricité est déjà là aussi pour les lampadaires et les portails électriques. Suffit de tirer quelques lignes et c’est bon. Si on veut, on installe une petite borne avec des badges pour savoir qui consomme quoi et combien on facture. Mais c’est tout : pas besoin de plus.

Et si on peut installer quinze bornes de 380 kW sur le parking d’un supermarché ou d’un cinéma, on peut tout aussi bien installer 200 prises de 3 kW. D’un point de vue électrique et de puissance tirée sur le réseau, ça ne sera pas plus contraignant, bien au contraire.

Parce qu’avec 200 prises simples de 3 kW sur un parking public, on résout essentiellement le problème du nombre de points de charge dans une petite ville. Aussi bien en journée que durant la nuit. Et aussi, on se fiche se savoir si la place est occupée ou non par une voiture qui charge. Laissez-en 30 exclusivement pour les EV en charge, mais le reste, on s’en fout. On les passera en « EV uniquement » lorsque le parc automobile s’électrifie avec le temps et que les besoins changent.

La Norvège ne semble pas avoir de problèmes pour faire tout ça. Pourquoi faut toujours que l’on fasse les mauvais choix en France ?

Les bornes 22 kW ne sont pas inutiles : elles chargent une voiture entre 1 et 3 heures. Ça a ses applications. Mais la plupart des charges peuvent se faire sur des bornes très lentes (ie : de simples prises), tranquillement.

~

Le problème est le même avec beaucoup de situations.

Personne ne veut d’un TGV unique entre Marseille et Paris. La plupart des gens habitent ailleurs et préféreraient des petites lignes plutôt qu’une seule grosse : un maillage dense mais moins rapide est bien plus pratique qu’un maillage lacunaire mais rapide.

Ça ne sert à rien d’aller acheter 1 pain de 90 kilos une fois par an : il faut mieux acheter une baguette de 250 g chaque jour.

De la même façon, dans le cas présent, une seule borne de 300 kW rend moins service que 100 petites prises.

Bien sûr parfois un TGV, une grosse borne, ou un pain géant peut avoir son utilité (cantine scolaire ou restaurant, pour l’exemple caricatural du pain). Mais ce sont des cas marginaux. Nécessaires, mais marginaux : la plupart des gens ne fonctionnent pas comme ça.

Reste juste à savoir : on satisfait d’abord la population, ou juste quelques gros acteurs prestigieux ? La question est là.

~

Donc je le dis, essentiellement à toutes les petites communes (et même les entreprises, et les supermarchés) : oubliez les bornes rapides ou semi-rapides (22 kW). Vous rendrez bien plus service et à bien plus de monde en installant plein de petites prises partout. Ça vous coûtera aussi probablement beaucoup moins cher.

Retour d’expérience de blogueur : la gestion des commentaires

Sunday 15 March 2026 à 19:35

Note : cet article a été écrit il y a un moment (2015). Il a été mis à jour plusieurs fois sans jamais être publié. C’est désormais chose faite.

Je me permets ici de revenir sur les commentaires d’un blog en ligne, car parfois on me pose la question, ou alors on voit des blogueurs demander à que les blogs rouvrent tous leur commentaires.

Déjà, un site web accessible au public ce n’est pas rien : vous aurez des visiteurs tout à fait normaux (bienveillant, curieux, pas forcément d’accord, mais respectueux et polis), mais aussi des robots légitimes (GoogleBot, pour indexer vos pages) des robots illégitimes (qui cherchent les numéros de téléphone ou adresses e-mail dans les pages pour les spammer), les petits malins qui vont bombarder les pages « /admin/ », ou « /wp-admin » de requêtes pour tenter de vous nuire, ou des gens qui vont spammer le bouton refresh 50 000 fois jour, croyant bien faire mais tuant votre serveur.
Aujourd’hui il y a aussi les IA qui vont tout vous piquer.

Il faut prendre en compte tout ça.

Il est possible, mais pas obligatoire, de permettre aux visiteurs de laisser des commentaires. C’est votre choix, c’est votre droit de ne pas l’autoriser. Sur ce blog, les commentaires ont déjà été désactivés, puis réactivés, puis refermés et ré-ouverts une nouvelle fois. Maintenant ils sont fermés. Sur mon autre blog, ils sont modérés avant publication.

Trouver une méthode vivable de tenir un blog tout en permettant aux lecteurs de réagir, ce n'est pas simple : entre une majorité de commentaires intéressants, cordiaux et constructifs, il faut subir les haters, des trolls, des ouistitis qui postent 500 commentaires par jour et qui font 25 000 mots chacun, du spam, du harcèlement contre vous ou contre un autre lecteur, les archéologues qui déterrent un coup de gueule vieux de 15 ans de quand vous étiez ado dans un monde qui n’existe plus et pense avoir trouvé le truc qui fait de vous un pédo-nazi-pirate-tueur de chatons.

Sans compter que lire et répondre à tout ça, même si c’est enrichissant, ça prend tout simplement du temps. Si l’on a deux commentaires par semaine, ça devrait aller, mais si on en a 50 par jour, c’est autre chose.

Ce n'est pas simple, croyez-moi.
Ça sonne prétentieux, mais je dis ça par expérience, tout simplement. Si vous venez de lancer votre tout premier site-web, sachez qu'il arrivera un moment où vous serez excédé : un jour vous reconsidérerez l'interaction avec vos lecteurs de façon globale. Je ne parle pas de bloquer un fouteur de merde. Ça c’est facile. Mais de revoir l’activation des commentaires ou non dans leur ensemble, voire avoir envie de tout laisser tomber.

Dans les faits et en généralisant, je pense qu’il arrive toujours une « masse critique » à partir de laquelle vous, votre site, ou votre communauté finit par exploser.
Certains laisseront faire, pour diverses raisons. Sur les réseaux sociaux, par exemple, des chamailleries dans les commentaires ça génère du chiffre. Suffit de lancer une polémique, et à vous les vues et les interactions ! Si ça ne vous plaît pas, suffit de ne pas intervenir.

Perso, sur mon site, je préfère éviter ça et y mettre un frein. Je ne cours pas derrière les vues : ça ne me rapporte rien, ni en pognon, ni en satisfaction.
Je l'ai vu sur mon site il y a des années. Je l’ai aussi vu sur des forums, des sites plus gros, des journaux en ligne, sur Youtube, Twitter…
Je l’ai aussi vu sur des sites des copains blogueurs. Je remarque la désactivation des commentaires à tour de bras. De plus en plus de sites personnels (en tout cas ceux qui restent) sont des sites sans commentaires.

D'autres se mettent à les modérer plus durement ou ont changé complètement leur système :

Certains vont même jusqu’à complètement fermer leur site.

Certains sites n’ont jamais activé les commentaires, avec là aussi leur raisons. Les sites qui n'ont rien changé et qui existent depuis longtemps ou sont assez gros, je vous laisse observer leurs commentaires et leur qualité : c'est le bordel. Constamment.
Typiquement, les sites de presse en ligne sont dans ce cas : lemonde.fr, le figaro.fr, etc.

Quand je vois un blog qui gueule ou un site qui ferme complètement à cause des commentaires, je comprends tout à fait. Je ne partage pas forcément, je ne suis pas toujours d'accord, je ne sais pas toujours tout le fond de l'histoire, mais je ne peux que comprendre et compatir.

Certains ne comprenaient pas pourquoi je désactive les commentaires chez moi. Et pour cause : je pense qu’il faut le vivre d’une façon ou d’une autre.

En ce qui me concerne, j’ai 17 ans de blogging derrière moi, soit environ la moitié de ma vie, j’ai participé sur des tas de forums en ligne bien avant ça et j’en ai moi-même ouvert. Il y a un énorme ravin entre se contenter d’écrire des articles et celui d’avoir à gérer des débats entre plusieurs personnes.
On ne peut évidemment pas plaire à tout le monde, et ça vaut pour moi comme pour tout le monde (en fait, peut-être plus pour le blogueur ou celui qui fait office de l’animateur dans l’espace d’échange que constitue un blog ; et pour ma part je donne souvent mon avis sur des sujets sensibles, et avec des avis authentiques, pas destinées à plaire).

Mais au final ce n’est pas vous à qui l’on dit « Pourquoi t’as censuré untel ? », « Pourquoi je suis bloqué ? », « Pourquoi tu ferme les commentaires ? », « Untel a dit […], c’est un @%#%$ »…

Pour ceux qui se posaient des questions sur les commentaires ou le blogging, ma réponse jusqu’à présent était toujours quelque chose du sens de « vous pouvez pas comprendre » ou « vous verrez vous-même ».
Je n’aimais pas du tout ces réponses, mais c’était la seule que j’avais. Il est facile de dire qu’un plat n’est pas bon alors qu’on n’a jamais rien cuisiné soi-même. Tenir un blog c’est pareil.

Il ne s’agit pas de faire peur à ceux qui se lancent avec un blog ou n’importe quelle communauté (chaîne YouTube, Twitter, forum…). Mais juste de donner quelques explications personnelles à propos de mon site. Il n’y a pas de quoi avoir peur. Les commentaires qui rendent la tenue d’un blog parfois compliqué sont minoritaires. Comme partout, ce sont les 1% les plus bruyants qui sont plus visible que les 99% autres. Mais parfois ça suffit pour être dépassé. Par ailleurs, certaines personnes aiment les débats ou les conflits, aiment et sont doués pour gérer ça (soit en ramenant la paix, soit en jetant de l’huile sur le feu). Pour ma part, plus ça va, plus le social et moi font deux.

Dans tous les cas, il n’y a qu’un bouton à presser pour fermer les commentaires. Certains ne vont pas aimer, mais on s’en fiche : votre site est à vous. Quelque soit votre décision vous serez dans votre bon droit, vous n’avez de comptes à rendre à absolument personne. Votre site n’est pas démocratique, et n’a pas à l’être. Tout simplement parce que c’est chez vous et non un espace de bien commun maintenu par les autres. C’est vous qui investissez dedans, c’est vous qui décidez tout à son propos.

N’oubliez pas non plus qu’une décision est réversible : n’ayez pas peur de changer d’avis, de tester, de voir la différence, bref, d’apprendre tout simplement. Et c’est bien ce que je fais ici. J’ai appris le côté technique pour faire un site dans un éditeur de texte, et j’ai appris à gérer une communauté ici. Et j’apprends encore. Et je suis plus doué pour certains trucs que pour d’autres, comme tout le monde.

J’ai aussi découvert mes limites et celles du système. Aujourd’hui, je discute plutôt par e-mail en direct et en privée avec celui ou celle qui a un commentaire à faire. Ça arrive souvent. Quant aux messages haineux et autre harcèlement, je ne répond pas.

Enfin, rien n’est définitif. Je ne sais pas ce que ça donnerait aujourd’hui : j’ai moins de visiteurs qu’à une époque. Je blogue moins aussi.

À voir.
Je verrais.

Vous reprendrez bien un petit crédit ?

Friday 20 February 2026 à 16:33

i
Vu à Carrouf aujourd’hui :

Achetez par chèque maintenant, payez à partir du mardi 7 avril 2026.

Ou comment se mettre à vivre à crédit même pour ses fruits et ses légumes.

… et ou comment mettre les gens dans la merde encore plus qu’ils ne le sont déjà : qu’on le paye maintenant ou après, on le paye dans tous les cas.

On dit que j’ai plus ou moins des facilités pour expliquer simplement des choses compliquées, mais là je jette l’éponge pour essayer d’expliquer que c’est plutôt une mauvaise idée, que certains vont s’en mordre les doigts, et que ça va faire plus de mal que de bien.

En réalité j’ai déjà abandonné depuis le jour où j’ai appris que certaines personnes considèrent le découvert autorisé comme de l’argent de poche gratuit donné par ta banque.

Mais bon, quand un ministre déclare que les maths ça ne sert à rien et que la gestion de l’argent est laissé à ton commerçant, ça ne peut que mal se passer dans tous les cas.

Une expérience astronomique à faire sur l’année 2026 toute entière

Sunday 4 January 2026 à 16:48

Une analemme.

Vu que l’année démarre, pourquoi ne pas faire un peu d’astronomie tout au long de 2026 ?

Ce que je vous propose de faire, et je vais le faire aussi de mon côté, c’est une expérience d’astronomie sur toute l’année : l’expérience dure une année exactement. Elle est très simple, vous pouvez la faire avec vos enfants, ou même à l’école (si vous êtes prof par exemple).

Vous voyez l’image en tête de cet article ?
On y voit un paysage avec plusieurs Soleils représentés. Les différents points du Soleil correspondent à sa position dans le ciel qui varie tout au long de l’année. Ce tracé en forme de « 8 » est appelée un analemme.

On obtient cette image en prenant à intervalle régulier (chaque jour, chaque semaine, chaque mois…) une photo du Soleil, du même endroit sur Terre, avec la même orientation, et surtout, à la même heure de la journée, puis, au bout d’une année, de combiner toutes ces photos.

L’on observe donc que, bien que l’on soit à la même heure et au même endroit, le Soleil n’est pas toujours au même endroit : sa position dans le ciel évolue. Sa position varie en hauteur : elle est plus base en hiver, et plus haute en été, chose que vous avez probablement constaté sans y penser ; mais elle varie aussi sur l’axe gauche-droite. Ceci est plus intriguant.

L’expérience

Je déconseille de prendre des photos du Soleil. Votre appareil photo n’appréciera pas, et vos yeux non plus. On va plutôt prendre un point fixe quelque part et noter son ombre sur le sol, tout au long de l’année.

Le point fixe ne doit pas bouger. Cela peut être le sommet d’un lampadaire dans un parking, ou le coq en haut d’une église. On peut aussi planter un piquet dans le sol. Pour ceux qui préfèrent rester à l’intérieur de la maison, on peut faire une marque sur la vitre d’une fenêtre. La fenêtre doit être éclairée toute l’année (exposée au sud, donc), et doit donc éclairer par terre chez vous. L’ombre de la marque sur la vitre sera alors ce que l’on va noter à intervalles réguliers.

Chez moi j’ai fait une marque en forme de carré avec du scotch sur ma vitre :

Une marque sur la vitre
Une marque sur ma vitre (qui est toute sale…).

Cette marque va rester là toute l’année : mettez-la à l’intérieur et assurez-vous que cela ne bouge pas.

Ce qui nous intéresse maintenant, c’est l’ombre de cette marque sur le parquet (ou sur un mur) :

Trouvez l’ombre sur le sol.
La marque projette une ombre sur le sol.

Là aussi, il faudra pouvoir annoter la marque sur le sol, tout au long de l’année. On va pas abîmer le parquet avec un clou (sauf à faire une œuvre d’art permanente), mais une marque avec un bout de scotch, ou un marqueur suffit.

Ce qu’il faut faire maintenant, c’est, tous les jours à la même heure — ceci est très très important — une marque de l’ombre sur le sol. On peut aussi le faire chaque semaine, ou tous les deux jours : peu importe, il faut juste le faire au moins une vingtaine de fois dans l’année.

Personnellement, je vais faire ça chaque samedi, à midi pile. Si un samedi je ne suis pas là, ou s’il fait nuageux, ce n’est pas grave : je le ferais le dimanche, ou le lundi. Louper un point n’est vraiment pas grave. Tant que vous en avez une vingtaine plus ou moins régulièrement espacée au cours d’une année.

Comme ceci :

Le premier point de l’analemme
Et hop, on marque le sol d’une croix au milieu de la marque de l’ombre.

J’insiste : il faut être très méticuleux dans l’heure à laquelle vous allez poser la marque. Faire la marque à 12 h 01 au lieu de 12 h 00 peut tout changer. Voyez-vous même avec cette photo prise à 12 h 01 :

Le même point seulement une minute plus tard
Le point, mais à 12 h 01 !

Même une minute après, l’ombre a déjà bougé de pratiquement un centimètre !
Si vous choisissez de faire cette marque à 12 h 00, mettez-vous un réveil à 11 h 50 par exemple.

Une fois que la marque est faite, il n’y a plus qu’à attendre le lendemain à la même heure (ou la semaine d’après, à la même heure), et de faire ça tout au long de l’année.

Normalement, vous verrez que le point sera décalé à chaque fois, et à la fin de l’année, vous aurez également cette figure en forme de 8, ou de lemniscate (le nom du symbole de l’infini).

Remarque

Je le redis : soyez rigoureux dans l’heure. Cela peut être 11 h, 12 h ou 14 h, peu importe, mais gardez la même tout au long de l’année. Prenez également une heure où il y a du soleil. À 07 h 00, vous aurez du soleil en été, mais pas en hiver.

Il faudra également faire attention au changement d’heure en mars et en octobre ! Les ombres et les marques reflètent la position du Soleil dans le ciel. C’est l’heure solaire (aussi appelée « heure solaire vraie ») qu’il faut considérer, pas l’heure civile (le terme rigoureux est « heure solaire locale moyenne », mais je préfère dire « heure civile »). Autrement dit, quand on sera passé à l’heure d’été il faudra décaler d’une heure.
Ainsi, si vous commencez aujourd’hui en choisissant 12 h 00 comme référence, lorsque nous passeront à l’heure d’été, il faudra prendre le point à 11 h 00, et cela, jusqu’au retour à l’heure d’hiver.

Si vous faites cela, vous resterez à l’heure solaire vraie toute l’année et votre analemme formera un joli « 8 ». Si vous ne le faites pas, il reste évidemment possible de faire le tracé, mais votre analemme sera décalé sur toute une section. Cela peut être intéressant à constater aussi, cela dit.

Explications

L’analemme a une forme caractéristique de « 8 ».

Sa hauteur provient du passage des saisons : en été, le Soleil est plus haut dans le ciel et l’ombre sera plus proche de la fenêtre, et en hiver, le Soleil étant plus bas, l’ombre de la marque sera plus distante. Cela provient de l’inclinaison de la Terre par rapport au plan de l’écliptique : on parle aussi d’obliquité.
Au cours d’une année, nous sommes donc tantôt inclinés vers le Soleil (en été), ou à l’opposé (en hiver). C’est pour ça qu’il fait plus chaud en été. Cela explique donc l’élongation de ce « 8 ».

La largeur du 8 provient quant à lui d’un phénomène bien moins connu. Si le 8 est élargi, cela veut dire que le Soleil est tantôt un peu plus à gauche, tantôt un peu plus à droite par rapport à sa position « moyenne » à l’heure choisie.
Comment cela se fait ?

La position du Soleil dans le ciel reste une illusion : le Soleil est fixe, c’est la Terre qui tourne sur elle-même. Chaque jour, le Soleil décrit donc un arc dans le ciel, et le point culminant correspond au « midi solaire ». On appelle ce moment la culmination méridienne.

Sauf que nous ne traçons pas les crois à l’heure solaire, mais à l’heure civile ! L’heure civile divise la journée en 24 heures très précisément. Sauf que la Terre ne fait pas face au Soleil avec une régularité de 24 heures !
La Terre est sur une orbite elliptique autour du Soleil. Cela signifie qu’elle est tantôt plus proche, et tantôt plus éloignée. Les lois de Kepler nous apprennent que la Terre se déplace plus rapidement sur son orbite lorsqu’elle est proche du Soleil, et plus lentement quand elle en est éloignée.
Or, si elle est plus proche, vu qu’elle va plus vite, elle parcourt une plus grande portion de son orbite ce jour-là. Si l’on veut suivre la position du Soleil ce jour-là, l’on verrait qu’il est un peu en retard par rapport à l’heure civile (plus régulière).

L’heure civile mesurant 24 heures, il s’agit là d’une moyenne sur toute une année des jours solaires. Certains jours solaires sont donc plus longs, d’autres plus courts. Et le déplacement du Soleil est donc d’autant plus irrégulière.

Ceci explique le déplacement horizontal de l’ombre.

… enfin, une partie seulement : car s’il n’y avait que ça, l’on observerait une seule boucle, en forme de « 0 ». Le nœud du « 8 » provient du fait que les deux phénomènes (l’obliquité de l’axe de rotation et l’ellipticité de l’orbite) participent au décalage latéral : en été, la trajectoire du Soleil est non seulement plus haute, mais aussi plus rectiligne dans le ciel. En hiver, elle est plus arquée, et ceci donne également lieu à un retard ou à une avance entre l’heure civile et l’heure solaire.
Les deux phénomènes combinés se font à des fréquences différentes, et cela se traduit par une boucle dans l’analemme.

Ce décalage, dont la moyenne sur une année est nulle, mais qui est non nul pour un jour donné, entre l’heure solaire et l’heure civile, est appelé [b]équation du temps[/b]. L’amplitude de ce décalage au cours d’une année est d’environ 30 minutes tout de même, variant de −15 minutes à +15 minutes !

Vous pouvez suivre l’équation du temps sur cette page : l’Équation du Temps. La page vous montre donc le décalage, à un instant donné, entre l’heure solaire vraie et l’heure solaire moyenne (heure civile).

En conclusion

Cette expérience, je vais la faire également. Cela m’amuse. J’espère que cela en amusera d’autres aussi.

Elle est une preuve que la Terre est inclinée sur son axe et qu’elle tourne autour du Soleil. Elle valide également les équations de Kepler sur les orbites des planètes.

Notez que l’on n’a pas attendu Kepler au XVIᵉ siècle pour comprendre tout ça. Les Romains et les Grecs étaient déjà au courant. Leur heure de la journée était mesurée avec des cadrans solaires. Un cadran solaire, c’est précisément une tige, appelée gnomon, qui produit une ombre sur un cadran : l’ombre tombe alors sur une valeur inscrite sur le cadran, et celle valeur correspond à l’heure de la journée.

Or, si l’on ne fait rien, l’heure solaire pouvait être déplacée de ±15 minutes par rapport à l’heure civile, chose qui pouvait poser problème dans certaines situations, je suppose.

Certains cadrans solaires, en plus des valeurs de l’heure, intègrent donc des mesures plus précises pour chaque jour de l’année. Selon le jour de l’année, donc, il faut donc utiliser une marque donnée. On peut le voir sur cet exemple de cadran solaire, où il y a un tracé pour chaque mois de l’année !

Pour aller plus loin

Ici, nous traçons donc l’analemme pour une année, avec des mesures une fois par jour (ou en tout cas une fois pour une journée donnée).

Si vous voulez aller plus loin (et que vous avez le temps), vous pouvez faire plusieurs points chaque jour, qui donnera alors une courbe par jour également. Cela revient alors à créer un cadran solaire. Si vous faites cela plusieurs jours dans l’année, vous constaterez que les courbes se décalent de jour en jour.
En faisant cela pour chaque jour de l’année, et à chaque heure, et en reliant d’une part les courbes pour chaque journée, et d’autre part les courbes à heures fixes pour différents jours, vous aurez un cadran solaire très précis, qui tient compte de l’équation de temps.

Chose que les astronomes de l’antiquité avaient déjà fait.

Enfin, pour finir, si vous suivez cette expérience, n’hésitez pas à revenir sur cet article dans un an, et à m’envoyer une photo du résultat final. Je la publierais ici, avec la mienne !

image d’en-tête de Giuseppe Donatiello

Les trucs qui me font détester votre site web en 2025

Thursday 25 December 2025 à 08:35

Circuit imprimé décorré pour Noël.
Après les articles en 2014, 2017, 2019 et 2020, voici de nouveau un listing des pratiques énervantes sur le web, mises à jour.

(et on verra si celui-ci se fera recopier de façon indélicate également ^^)

Déjà, on peut dire qu’une bonne partie des pratiques des autres années n’a pas été résolue.
On n’a plus flash / silverlight / java ou d’autres conneries (merci), mais on a d’autres pratiques de merde. Beaucoup.

Des pages de plus en plus lourdes.

Le web permet de plus en plus de choses, mais c’est pas une raison d’alourdir toujours plus les documents. Au contraire. Ce qui auparavant était dans des libs, des hacks et des quirks, est désormais nativement pris en chaque par les navigateurs. On peut donc virer un paquet de libs à la con et alléger les pages.

Dans les faits :

Poids d’une page web.
40 Mo pour une page web ? Ce monde est complètement taré.

Malheureusement donc, ce n’est pas comme ça que ça se passe, même si tous les navigateurs étaient à jour. Généralement, les éléments de l’interface proposés par le navigateur (par exemple un sélecteur de dates ou un menu déroulant) ne suffisent pas au web-dév qui préfère utiliser une lib débile pour transformer des DIV en SELECT.

Le retour (forcé) de la pub

On l’a vu avec YouTube, mais ce n’est pas un cas isolé : de plus en plus de sites obligent la désactivation des bloqueurs de pub pour pouvoir être accessibles. YouTube se le permet, car il est incontournable. Ça ne va pas durer quand tout le monde passera par des clients tiers, mais pour l’instant c’est ça.

Par contre un site de média qui fait ça se tire une balle dans le pied : ce n’est pas comme si l’information n’était pas disponible ailleurs. Un site avec un paywall ou qui force un peu trop sur l’acceptation des cookies, désormais je blackliste.

Les sites qui ne marchent pas la moitié du temps

Coucou le site suivi Colissimo ? Coucou le site pourri de la SNCF ? Ça vous dit de fonctionner parfois, où ça fait partie de votre stratégie commerciale, sachant que de toute façon vos usagers, ou plutôt clients — oui je persiste — n’ont pas le choix de vous choisir ?

Le site de la poste dont le suivi ne marche (encore) pas.Le site de la poste dont le suivi ne marche pas les 3/4 du temps.
Le site d’EDF qui marche pas non plus.
Le site de EDF, pareil : ça marche pas, mais personne ne sait pourquoi.

C’est pas comme si vous étiez une petite PME excusable, ou que votre site était maintenu par un seul gus dans son garage (même si les libs dont vous abusez le sont).

Et puis leur « momentané » est de la poudre aux yeux : parfois ça dure plusieurs jours. Quant à la Poste, vous savez que je les hais pour leur service de merde, mais leur putain de site est quand-même en échec particulièrement souvent. Mention spéciale pour Digiposte, le truc que les entreprises choisissent pour distribuer les fiches de paye et autres documents, est systématiquement en rade les derniers jours du mois (mais faut les comprendre : les fins de mois arrivent sans prévenir… tous les mois !).

Le site des impôts, lui, n’est jamais hors-ligne et fonctionne toujours. Étrangement.

Les sites où on tourne en rond

Ça ne vous est jamais arrivé d’atterrir sur un site avec l’intention de faire quelque chose (contacter le support, trouver un numéro de téléphone, le panier…), mais de ne pas savoir où cliquer tellement c’est le bordel ? Alors vous passez 10 minutes à observer l’écran dans tous les sens, mais non, toujours pas de bouton pour faire l’action que vous voulez.

Mettez des liens clairs pour effectuer une action. Ne cachez pas le lien pour accéder au panier, à la page de contact, celle pour s’inscrire ou pour revenir à l’index.

Le pire reste quand par ailleurs (e-mail, CM twitter…) on vous dit « retrouvez <l’action> sur notre site », alors que le site est essentiellement vide, ou renvoie sur Twitter ou FB. Du foutage de gueule.
C’est le cas du site de l’URSSaf où on tourne en rond avec l’INPI ou de Dell (qui nous prennent pour une balle de ping-pong à nous balancer entre le site et les réseaux sociaux).

Les menus fixes

Les menus fixes permettent d’avoir des informations (et des liens bien souvent) toujours visibles à l’écran. Si vous faites ça, assurez-vous de tester votre @#%$ de site.

Je ne compte plus le nombre de PC que je vois passer et qui appartiennent à des personnes âgées dont la vue baisse et qui ont tout mis en grand sur leur écran. Or quand on met tout en grand, les menus fixes sont plus grands aussi jusqu’à recouvrir 80 % de l’écran.

N’est-ce pas SFR et ton espace e-mail non-zoomable ? Là aussi, les sites de très grands groupes parfois ne sont pas assez testés.

Rendez-nous des liens HTML

Arrêtez avec les liens JavaScript ou des boutons impossibles à middle-clic pour l’ouvrir dans un autre onglet. On n’est plus en 2004, les navigateurs ont des onglets. Le grand champion ici est le site des impôts qui fonctionne encore comme sous IE6 en ouvrant des fenêtres dans tous les sens.

Quant aux sites de téléchargements en tout genre (images, logiciels, etc.) ne tournez pas autour du pot avec des boutons, liens raccourcis et comptes à rebours.
Assez de tout ce bullshit : mettez un lien vers le fichier et cassez pas les couilles.

Arrêtez de bloquer les clic-droits et les raccourcis clavier

Et toujours des sites qui bloquent des clics-droits, et même parfois les raccourcis clavier pour afficher la source de la page. Vous êtes sérieux, bande de petits cons ? Vous pensez qu’on est des lapins de trois semaines ?
Y a combien de chances que quelqu’un qui connaît Ctrl+Shift+I ne sache pas contourner un blocage de Ctrl+Shift+I ?

Probablement que ça rebutera la plupart des gens d’aller chercher plus loin, mais si je veux obtenir un truc sur votre site, croyez-moi, je l’aurais.

Et pour ceux qui ne savent pas, quand le clic-droit est bloqué, faites « Shift + ClicDroit », ou « Alt+ClicDroit », et là ça forcera l’apparition du menu, même si le webmaster ne veut pas.

Laissez-nous copier-coller des e-mails et des mots de passe

Je n’ai jamais compris pourquoi l’on était tenu de taper deux fois son adresse e-mail lors d’une inscription. Le mot de passe, pourquoi pas, mais l’e-mail… wtf ? Et encore pour le mot de passe : mettez un bouton qui l’affiche en clair, c’est pas très compliqué.

Et laissez-nous copier-coller tout ça.

Arrêtez de refuser des adresses e-mail valides !

… surtout si vous êtes un site qui vend quelque chose et si vous n’avez pas envie de voir de potentiels clients partir. Mon adresse e-mail est acceptée par tout le monde normal depuis bientôt 15 ans, y compris les le service des impôts en France, l’ambassade des Pays-Bas à Paris et l’Armée de l’Air française.

Mais divers sites marchands considèrent tout ce qui n’est pas @outlook.fr ou @gmail.com comme de la merde :

Capture d’écran d’un formulaire qui refuse mon e-mail perso.
Le site d’Ornikar qui refuse tout ce qui n’est pas GAFAM.

Dans ces cas-là, je vais voir ailleurs, tant pis pour eux (d’autant qu’ils se fichent de moi quand je leur signale le problème).

Les sites de marchands qui ne livrent pas chez toi

Autant quand un site américain ou chinois refuse de livrer chez toi en Europe pour une question de douanes ou de taxes (what else ?), c’est con, mais bon, ça peut se comprendre (et encore), quand c’est un site français qui te dis « désolé, aucun livreur ne livre chez vous », alors que le site expédie depuis la France, et que notre adresse est aussi en France, bah ça le fait pas. Vous passez juste pour des branleurs.

Aucune explication, un message tout simplement faux en plus de ça. C’est n’importe quoi.

Des popup, et des popup sur les popup

On pourrait penser qu’en 2025 on avait dépassé tout ça, que les popup, c’est terminé, mais il n’en est rien. C’est même de pire en pire. Maintenant, en tout cas la première fois que tu vas sur un site, tu as bien 5 ou 6 actions à mener pour pouvoir commencer à lire :

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Miam, des popup, et des cookies !(image)

Et je ne parle pas des popup des navigateurs pour accepter (ou non) :

Je regrette un peu Opera 12, où l’on avait une liste de permissions, et on pouvait dire « oui pour tous les sites (sauf liste noire) », « non pour tous les sites (sauf liste blanche) », « choisir au cas par cas ».
En gros, on bloquait la localisation pour tout le monde, et si un site le demandait légitimement, on pouvait toujours l’activer dans les paramètres du domaine.

Idéalement je veux que mon Firefox propose un menu à côté de la barre d’adresse avec la liste des autorisations : popups, GPS, micro, etc (et non autant de popups que de demandes).

Youtube, je te déteste

Outre la publicité, toujours plus intrusive sur ce site (au point où désormais je télécharge les vidéos en local pour pouvoir les regarder tranquillement), désormais les vidéos — l’audio en fait — est automatiquement traduite, avec une voix mécanique et la précision que l’on connaît des traducteurs automatiques.

C’est n’importe quoi, et impossible de désactiver ça, en tout cas sur mobile. Sur desktop, on peut encore jongler entre les langues. Mais le fait qu’il n’y ait pas un choix quelque part, c’est honteux.
Youtube se permet ici d’imposer des choses que ni le créateur, ni le lecteur n’a choisi de voir, ni ne veut. Et ça c’est intolérable, d’autant que la qualité de ce qui est imposé est merdique.

Malheureusement, on a beau implorer les créateurs de passer par une autre plateforme, même payante(Nebula…), certains ne veulent tout simplement pas. Tant pis pour eux ?

Image d’en-tête produite par Bing AI